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Humanitaires en mouvement n°15, N° spécial " Qualité de l’aide "

Amélioration de la qualité, standardisation et rôle des bailleurs de fonds
Luciano Loiacono

Cet article présente - à travers le point de vue de Handicap International - les contraintes rencontrées par nombre d’ONG dans leur recherche d’amélioration de la qualité et de redevabilité ; l’implication des initiatives de standardisation et de certification ; et insiste sur le rôle des bailleurs de fonds.

 Normalisation, certification et financements institutionnels

Au cours des deux dernières années, Handicap International a été amenée à questionner les objectifs de deux initiatives parallèles : la Joint Standards Initiative (JSI), projet de consolidation des standards humanitaires proposé par Humanitarian Accountability Partnership (HAP International), People In Aid et le Projet Sphère, qui a débouché sur la Norme humanitaire fondamentale (Core Humanitarian Standard) ; et surtout le projet de Certification humanitaire, initié par le Standing Committee for Humanitarian Response (SCHR).

La posture critique de Handicap International s’est appuyée sur trois constats qui touchent à l’économie du secteur et au rôle des bailleurs de fonds :

  • Ces initiatives répondaient aux préoccupations d’organismes travaillant sur les normes et la certification – et des bailleurs qui les financent –, mais ne constituaient pas une réelle priorité pour la majorité des organisations opérationnelles qui s’inquiètent surtout des problèmes d’accès et de sécurité dans les zones de conflit, ainsi que de la stagnation des financements internationaux ;
  • La certification globale, non seulement ne remplacerait pas les contrôles et audits existants, mais devrait constituer une charge supplémentaire pour les organisations opérationnelles, déjà largement contrôlées par leurs bailleurs institutionnels, ceux-là même à qui la certification entend offrir un nouveau levier de sélection des ONG au nom de la qualité ;
  • La concurrence entre ONG, pour l’accès aux fonds institutionnels, ne met pas aux prises aujourd’hui, d’une part, les organisations soucieuses de qualité et de redevabilité et, d’autre part, des organisations plus désinvoltes, que la certification pourrait en théorie écarter. Elle s’organise essentiellement entre organisations largement professionnalisées, structurées et outillées pour la gestion, l’action, la reddition de comptes et la réponse aux contrôles réglementaires ou contractuels. Par ailleurs, le filtre de la certification ne fonctionnerait pas contre les initiatives d’amateurs qui ne peuvent, de toute façon, pas atteindre les critères actuels fixés par bailleurs institutionnels. La certification ne pourrait rien non plus contre les actions lancées par des mouvements de type sectaire qui disposent de leurs propres ressources privées, parfois considérables, et agissent où bon leur semble, souvent avec l’accord des autorités des pays hôtes.