La revue du Groupe URD

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Améliorer la qualité des diagnostics
Véronique de Geoffroy - François Grünewald

Résultats de l’étude sur le principe 6 de la GHDI, qui invite les bailleurs à "allouer les financements humanitaires en proportion des besoins et sur la base d’évaluation de ces besoins".

Résumé exécutif des études réalisées par le Groupe URD et mandatées par la DAH / Centre de Crise/ MAEE dans le cadre du dialogue inter-bailleurs. Ce que l’on nomme la « Good Humanitarian Donorship Initiative  » (GHDI) a été lancé en juin 2003 à Stockholm par tous les bailleurs membres de l’OCDE. Elle correspond à une volonté de se mettre d’accord sur une approche commune de l’assistance humanitaire et d’améliorer la cohérence des bailleurs autour de principes essentiels, pour rendre l’action humanitaire plus efficace et organisée. 23 principes explicitent et clarifient une définition commune de l’aide humanitaire, basée sur les principes d’humanité, d’impartialité, de neutralité et d’indépendance. Ils rappellent, entre autres, des critères tels que l’adéquation des financements au niveau des besoins, la nécessaire participation des populations, reconnaissent le besoin de flexibilité des financements, etc. sans pour autant avoir été énoncés comme des critères de qualité.

 

Au-delà de sa dimension éthique, le principe 6 de la GHDI pose des questions d’ordres méthodologiques et politiques. Au niveau méthodologique tout d’abord, de nombreuses difficultés apparaissent : les difficultés d’accès, le ‘timing’ des informations, la rareté des données de base sur des indicateurs tels que la mortalité ou la morbidité, la disparité des mécanismes de collecte de données, etc. Ainsi les bailleurs de fonds ne peuvent que difficilement objectiver les situations pour l’exercice d’allocation des fonds. Pour répondre à cette première difficulté, beaucoup de travaux sur les méthodes de diagnostic et d’évaluation des besoins ont été lancés ces dernières années (SMART, NAF, …). Cependant de nombreux auteurs s’accordent à dire que ‘Needs assessment often plays only a marginal role in the decision-making of agencies and donors ’ [1] .

La réflexion sur les phases suivant le diagnostic, sur l’utilisation des données pour les choix d’allocation des ressources est relativement rare. On assiste à un sur-investissement de la réflexion sur les seuls enjeux techniques de cette étape spécifique ce qui risque de masquer les autres enjeux. Il nous semble qu’elle se doit d’être plus systémique, sur l’ensemble du processus. Il importe de réfléchir à l’ensemble du processus de financement, depuis le diagnostic des besoins jusqu’aux rendus sur l’utilisation des fonds, afin d’appréhender de façon plus globale les difficultés d’application et les risques de déviation par rapport au principe 6 de la GHDI. Ainsi cette étude propose une analyse des différentes étapes du processus de financement de l’aide humanitaire et des différents ‘points critiques’ pouvant affecter l’allocation en fonction des besoins.

Mais pour cet exercice de décorticage du processus de financement de l’aide humanitaire, une variable nous semble primordiale : les différences de fonctionnement entre bailleurs. En effet, les bailleurs sont extrêmement [2]diversifiés quant à leur taille et leurs pratiques de financement. Or, si effectivement c’est bien la couverture globale des besoins grâce aux financements cumulés des bailleurs de fonds qui est visée, cette responsabilité collective passe nécessairement aussi par l’application responsable et différentiée, par chaque bailleur, de ce principe. Ainsi ce document propose une typologie des bailleurs afin de cerner les domaines de responsabilité de chacun quant à l’allocation des fonds par rapport aux besoins des populations.


[1] Darcy J, Hofman CA. According to need ? Needs assessment and decision-making in the humanitarian sector. Humanitarian Policy Group Report 15, September 2003. London : Overseas Development Institute, 2003.

[2] La présente étude ne s’intéressera qu’aux bailleurs ‘classiques’, signataires de la GHDI, et laissera de côté les ‘nouveaux bailleurs’, tels que la Chine ou les pays de l’Opep, pourtant de plus en plus importants et dont les pratiques, notamment par rapport à ce principe 6, mériteraient d’être étudiées plus avant.

En savoir plus

GHDI - Principe 6 , en anglais