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La revue du Groupe URD

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Humanitaires en mouvement n°11, N° spécial " Résilience "

Améliorer la résilience des moyens de subsistance face aux menaces et crises ayant des répercussions sur l’agriculture, la nutrition et la sécurité alimentaire
Intervention de Patrick Jacqueson

Pour la FAO, la résilience est la capacité à prévenir les catastrophes naturelles et les crises, mais aussi à anticiper, absorber, s’accommoder ou se remettre en temps voulu et de manière efficace et durable des crises ayant eu un impact sur la nutrition, l’agriculture, la sécurité alimentaire et les risques spécifiques à la santé. Cela inclut la protection, la restauration et l’amélioration des systèmes pour faire face aux menaces ayant un impact sur l’agriculture, la nutrition, la sécurité alimentaire et autres problèmes de santé publique.

Lorsqu’il s’agit de l’exposition à une menace, la résilience et la vulnérabilité sont les deux faces d’une même pièce. La résilience reflète les forces et les capacités de gestion de crise ; la vulnérabilité représente le degré de sensibilité aux chocs. La résilience des communautés est particulièrement importante quand les institutions sont confrontées à de violents conflits et des transitions post-crise, comme c’est le cas par exemple dans les contextes de crises de longue durée.

Les objectifs stratégiques de la FAO se concentrent sur des dangers, risques et vulnérabilités spécifiques à l’agriculture, la nourriture et la sécurité alimentaire, tels que :

  • Catastrophes naturelles (évènements météorologiques extrêmes, aléas géologiques tels que des tremblements de terre, des glissements de terrain, etc.)
  • Crises alimentaires/menaces transfrontalières
  • Crises socio-économiques
  • Conflits violents
  • Crises à long terme

En temps de crise, les systèmes de subsistance résistent aux menaces ou s’adaptent pour trouver de nouvelles stratégies de survie. Cette résilience est la première – et parfois la seule – ligne de défense pour les petits exploitants lorsque les menaces se transforment en crises. Ceux qui ont une capacité limitée en matière de résistance face aux crises risquent de faire face toute leur vie (voire sur plusieurs générations) à de graves conséquences lorsque l’approvisionnement alimentaire marginal se transforme en malnutrition et que les populations pauvres sombrent dans la misère.

Les capacités à absorber et gérer les chocs n’ont cessé de décroître en raison de la fréquence et de la magnitude croissante des crises et de leurs effets cumulatifs. Les crises récurrentes et à multiples facettes ont érodé les systèmes de subsistance et ont mis les populations en situation de vulnérabilité. Tout cela est exacerbé par des environnements institutionnels inadéquats, qui en temps normal sont censés protéger, préserver et promouvoir la résilience des systèmes de subsistance.

Les systèmes publics et privés qui soutiennent et protègent les moyens de subsistance sont souvent inadaptés, en particulier dans des pays à faibles revenus, exposés aux catastrophes naturelles et aux crises de longue durée. Les communautés pauvres dans les zones rurales et urbaines sont affectées de manière disproportionnée, la pauvreté étant à la fois le moteur et la conséquence de moyens de subsistance inadéquats. La malnutrition représente à la fois l’impact des crises et des stratégies d’adaptation adoptées par les foyers, mais en plus de cela un facteur décisif menaçant la résilience des foyers. L’incapacité des familles, des communautés et des institutions à anticiper, absorber, s’accommoder ou récupérer des crises et des catastrophes naturelles à temps et d’une manière efficace et durable est au cœur des objectifs stratégiques de la FAO. La faiblesse de la résilience provoque une spirale descendante – les moyens de subsistance des ménages et les gains du développement national qui ont mis des années à se mettre en place sont compromis voire alors parfois anéantis.