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La revue du Groupe URD

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Appuyer les collectivités territoriales dès l’urgence : un des socles d’une reconstruction durable en Haïti
Béatrice Boyer & Ben Oduwa

Au lendemain du séisme du 12 janvier 2010 en Haïti, les collectivités territoriales affectées - principalement les communes - ont été l’objet de très nombreuses critiques d’impuissance, non seulement de la part de l’aide internationale, mais aussi de la société haïtienne. Un programme conjoint État Haïtien-Nations Unies, le PARLOQ, s’est attaché à pallier à cette situation par un renforcement ciblé des capacités municipales.

La catastrophe du 12 janvier 2010 en Haïti a occasionné la mort de plus de 220.000 habitants et laissé sans abri plus d’un million de personnes qui, pour celles vivant en ville, ont trouvé des refuges précaires sur les places et espaces publics, pointant les responsabilités institutionnelles locales. Or, le séisme a également mis en lumière les faiblesses de la gouvernance haïtienne dans son ensemble, avec des autorités totalement dépassées par l’ampleur des impacts et impuissantes à gérer l’assistance à tous niveaux de responsabilités, tant à l’échelle du gouvernement central, avec une Présidence privée du Palais national endommagé, que des personnels des ministères, absents en grande majorité, très affectés eux-mêmes au sein de leur famille, de nombreux bâtiments administratifs étant en outre détruits.

Au niveau local, les municipalités, affectées elles aussi, ont néanmoins assuré une présence auprès de leurs populations totalement sinistrées, mettant en place, pour certaines [1], des structures d’urgence en vue d’une réponse rapide à apporter sur les territoires dont elles ont la charge.

 Déclenchement de très grande ampleur d’une assistance internationale aux personnes sinistrées : aide essentielle en phase d’urgence, mais qui s’est avérée en difficulté en ville

Le tremblement de terre de magnitude 7,3 sur l’échelle de Richter a touché Port-au-Prince, sur toute l’étendue de sa zone urbanisée métropolitaine. Le diagnostic catastrophique, dans un pays déjà en prise avec de très nombreux problèmes et à tous niveaux, a mobilisé la communauté humanitaire internationale avec une ampleur inédite. Cet impressionnant élan de solidarité a fait affluer toutes sortes d’assistances : mission de stabilisation des Nations unies déjà en place (MINUSTA) avant l’événement, agences spécialisées des Nations unies et centaines d’organisations non gouvernementales, internationales, nationales, voire locales. Ainsi, chacun de ces organismes a délivré tant bien que mal et en fonction de son domaine d’expertise une assistance en direction de la population sinistrée.

Or, cette assistance, abondante et rôdée à toute intervention d’urgence, s’est cependant trouvée en grande difficulté pour délivrer de l’aide, des services et des fournitures, du fait d’un contexte urbain complexe, de l’ampleur des besoins et des dégâts de la catastrophe, voire des difficultés de mobilité et d’accès aux victimes. En outre, la présence de très nombreux acteurs de l’urgence, aux mandats différents, opérant selon des coordinations et des thématiques restreintes aux aspects sectoriels, a encore compliqué la réponse à l’urgence humanitaire. Ces aides, peu accompagnées localement du fait du manque ou de l’inefficacité d’interlocuteurs institutionnels, ont fait l’objet de duplications d’activités mais aussi de gaspillages de ressources financières et de temps pendant cette première phase de l’aide, générant même un imbroglio d’interventions mal canalisées peu propices à générer les résultats escomptés et très critiquées par la population locale.


[1] Notamment la Commune de Port-au-Prince sous l’administration de son Maire Jean Yves Jason Muscadin.