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Humanitaires en mouvement n°12, N° spécial " Environnement "

Bilan des émissions de gaz à effet de serre dans l’humanitaire : retour sur les premières expériences
le Réseau Environnement Humanitaire

Un large consensus scientifique attribue la hausse globale des températures observée à l’échelle planétaire aux émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, en particulier au dioxyde de carbone issu de la combustion d’énergies fossiles (transport, production d’électricité, chauffage) et au méthane généré par l’agriculture ou la décomposition des déchets. Ce changement climatique a d’ores et déjà des effets observables qui affectent en premier lieu les populations les plus fragiles : augmentation de la fréquence des événements climatiques exceptionnels, baisse des rendements agricoles, extension des zones de prévalence de maladies comme le paludisme ou la dengue, etc. Compte-tenu du rythme actuel des émissions et de la durée de vie des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, le phénomène va se poursuivre et, sauf rupture technologique ou économique majeure, s’amplifier au cours des décennies à venir. Afin de respecter leurs principes (notamment la volonté de ne pas nuire) et de s’assurer de la cohérence entre leur fonctionnement et leur mandat ou leurs prises de position publiques, plusieurs organisations humanitaires ont souhaité évaluer leurs empreintes carbone et mettre en place des actions de réduction. Cette démarche passe par la réalisation d’un bilan des émissions de gaz à effet de serre. Comment se déroule ce type d’étude et quels enseignements peut-on tirer des premières expériences ?

 Un préalable indispensable : choisir la méthodologie et le périmètre

L’objectif du bilan est d’évaluer le volume de gaz à effet de serre émis dans un périmètre d’activités donné et d’en tirer un plan d’action visant à réduire les émissions.

Les gaz pris en compte sont généralement les six gaz à effet de serre concernés par le protocole de Kyoto : le dioxyde de carbone (CO2), le méthane, le protoxyde d’azote et trois gaz fluorés d’origine essentiellement industrielle. Tous ces gaz ont des effets et des durées de vie qui diffèrent dans l’atmosphère. Comme le dioxyde de carbone est le principal gaz à effet de serre à l’échelle mondiale, les bilans sont généralement exprimés en tonne équivalent CO2 (TeqCO2) et calculés sur un horizon d’un siècle. Une tonne de méthane par exemple « vaut » 23 TeqCO2 [1].

La première étape d’un bilan des émissions de gaz à effet de serre consiste à en définir le périmètre. Celle-ci va fortement influencer les résultats. Il est par exemple possible de ne prendre en compte que les émissions directes des sources possédées par l’organisation (la flotte de véhicule, les groupes électrogènes, etc.) ou, à l’autre extrême, de comptabiliser toutes les émissions directes et indirectes, y compris par exemple celles qui sont causées par la production des biens, des services et de l’énergie achetés. Certains outils imposent un périmètre, ce qui est par exemple le cas du Bilan Carbone [2]. Le périmètre peut également être imposé par la réglementation. En France, l’article 75 de la loi Grenelle II impose aux personnes morales employant plus de 500 personnes en France métropolitaine de réaliser un bilan de leurs émissions sur un périmètre comprenant les émissions directes et les émissions indirectes liées aux achats d’énergie. Les organismes privés de plus petite taille, parmi lesquels se trouvent la plupart des organisations humanitaires, n’ont pour l’instant aucune obligation légale en la matière.


[1] En d’autres termes, l’énergie qu’une tonne de méthane renvoie vers le sol en 100 ans est la même que celle que renvoient 23 tonnes de dioxyde de carbone.

[2] Le terme « Bilan Carbone » est souvent utilisé de façon générique pour désigner un bilan des émissions de gaz à effet de serre mais il s’agit en fait d’une marque détenue par l’Association Bilan Carbone et qui ne peut être utilisée que sous certaines conditions.