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La revue du Groupe URD

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Comment contextualiser les réponses en matière de construction de logements ?
Carolyn Garcia & Vincent Trabaud

Face à la multiplication des modèles de logements parasismiques construits en réponse au séisme du 12 janvier 2010 en Haïti, ce travail de recherche questionne les possibilités de valoriser et d’optimiser les savoir-faire constructifs locaux dans les opérations de relogement des sinistrés. Il s’agit également de montrer que les caractéristiques architecturales locales peuvent apporter une réponse pertinente face aux enjeux d’appropriation et de pérennisation dans la réponse post-urgence.

Le 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7,3 frappe Haïti, faisant officiellement 225.000 morts et des milliers de déplacés. Les bâtiments et les infrastructures sont durement touchés. À Port-au-Prince, la capitale, les dégâts sont particulièrement impressionnants du fait de la densité des constructions mais les destructions touchent également les villes de province et les régions rurales des départements de l’Ouest et du Sud-Est.

L’aide internationale se mobilise massivement pour apporter les soins de première urgence, aider à l’évacuation des corps et distribuer le minimum vital à la population (eau, nourriture et tentes). Or, cette aide d’urgence va se prolonger pendant des mois avant de transiter vers ce qui a été qualifié de « post-urgence ». A mi-chemin entre l’urgence et le développement, cette « zone grise » a engendré de nombreux projets d’aide internationale aux degrés de durabilité et d’adaptation contextuelle variables.

 Dans l’urgence, une première réponse insatisfaisante au besoin de relogements : les abris temporaires

Dans le domaine du relogement, la construction de milliers de « T-shelters » (transitional shelters) illustre bien le paradoxe de ce contexte de post-urgence : pendant des mois, qui se transforment en années, l’aide internationale développe des solutions plus ou moins permanentes, plus ou moins coûteuses, plus ou moins adaptées aux besoins locaux, et plus ou moins pérennes.

Conscientes de la faible durée de vie des T-shelters, certaines ONG qui les ont mis en place ont poursuivi leur action en proposant une « pérennisation » des abris : renforcement de la structure, remplacement des matériaux légers par des remplissages en petite maçonnerie, sécurisation des ouvertures, ajout d’un système de récupération d’eau de pluie et d’une citerne, ajout d’une galerie, etc.

De nombreuses modifications ont ainsi permis de rendre ces abris précaires plus habitables et mieux adaptés à la façon de vivre des habitants. Pourtant, ces actions laissent en suspens de nombreuses questions, comme celle fondamentale de la sécurité du foncier : en effet, si les programmes de construction d’abris ont pu faire fi de la question de la propriété des terrains grâce à leur caractère temporaire, cette question se pose à nouveau lorsque l’abri devient une « vraie maison » dont la durée de vie dépasse plusieurs dizaines d’années.