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La revue du Groupe URD

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Consultation et participation des populations dans l’action humanitaire : un paramètre clé de la qualité ?
Groupe URD

La question de la participation et de la consultation des populations dans la mise en œuvre de programmes humanitaires est primordiale mais sensible. Qui impliquer, pour quelles raisons, par quels moyens, quels sont les risques et les opportunités, etc. autant de questions à analyser en amont pour garantir la qualité, la durabilité et l’appropriation de l’aide apportée.

 Introduction

Au cours des dernières décennies, l’aide humanitaire a pris un essor considérable mais s’est aussi confrontée à un nombre croissant de défis. Une des plus importantes critiques est que cette aide est fortement perçue comme un système défini et imposé par l’Occident, fonctionnant sur un mode « descendant » (top down) et ayant une capacité d’écoute extrêmement limitée. Pour de bonnes et de mauvaises raisons, le pouvoir reste détenu par les ONG du Nord.

La question de la consultation et de la participation des bénéficiaires dans les opérations humanitaires a été régulièrement soulevée dans des fora et des publications, mais rien de comparable à l’intérêt pour cette question dans le monde du développement. De fait, peu de choses sont effectivement connues sur la réalité des pratiques des acteurs humanitaires et sur l’impact des rares pratiques participatives de ces derniers. Les « bonnes pratiques » sont encore à découvrir.

Le rôle des populations touchées par les crises dans leur propre survie a été longtemps sous-estimée et mal traitée. De nombreuses évaluations semblent démontrer combien bénéfique pour les interventions sont la consultation et la participation renforcées des populations dans l’action humanitaire. Bien que de nombreux textes soulignent l’importance de ces approches participatives – comme le Code de conduite pour le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et pour les organisations non gouvernementales (ONG) lors des opérations de secours en cas de catastrophe ou les travaux du Humanitarian Accountability Partnership (HAP) – la réalité de cette participation est beaucoup moins évidente : les approches participatives n’ont de facto que peu de références opérationnelles affirmées dans le monde humanitaire. D’une part, le concept de « participation » porte en lui de nombreuses connotations venant du « monde du développement ». D’autre part, son application dans les contextes de conflits, d’instabilité ou de danger n’est pas toujours simple, ni réaliste, ni même parfois compatible avec les principes humanitaires.

De 2002 à 2004, le réseau ALNAP (Active Learning Network for Accountability and Performance in Humanitarian Action) a chargé le Groupe URD de mettre en place un ambitieux projet de recherche intitulé : « L’étude globale sur la consultation et la participation des populations affectées dans l’action humanitaire ». Il s’agissait d’identifier les expériences existantes ; de repérer les « bonnes et mauvaises » pratiques et de comprendre leurs déterminants, domaines de validité et limites ; et enfin de promouvoir les approches participatives dans l’action humanitaire, conscient des nombreuses contraintes et risques existants.
Six études de cas ont permis de couvrir une diversité de contextes, pour essayer de comprendre les interrelations entre contexte, type de crise et pratiques des acteurs de l’aide internationale.

La publication récente du Manuel de la participation à l’usage des acteurs humanitaires, en 3 langues, offre une occasion intéressante de revenir sur certains éléments fondamentaux qui font encore aujourd’hui souvent défaut dans les pratiques humanitaires.