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Crise durable et assainissement écologique : leçons tirées de l’est tchadien
Anne Delmaire et Julie Patinet

Quelle place laisse-t-on à l’assainissement dans les crises humanitaires ? En quoi l’assainissement écologique et durable constitue-t-il une initiative intéressante à explorer ?
Nous allons nous intéresser ici à une crise durable majeure, celle du Tchad oriental. D’une urgence aigue en 2003 à aujourd’hui, la crise est passée par plusieurs phases. Aujourd’hui la question de l’adaptation des mécanismes de l’aide se pose, avec un focus particulier sur l’assainissement.
La question d’un assainissement durable peut signifier l’amélioration de la qualité de vie tant des personnes réfugiées et déplacées que des populations autochtones. Dans cette optique, quelles leçons tirées de l’est Tchadien pourraient être utiles à d’autres contextes ?

 L’est tchadien : focus sur l’assainissement sur fond de crise humanitaire durable

L’arrivée massive à partir de 2003 [1] de personnes réfugiées et de personnes déplacées à l’est du Tchad a été suivie d’une mobilisation de la communauté internationale ayant permis de fournir en urgence les services essentiels aux populations affectées dans les zones de regroupement (camps de personnes réfugiées et sites de personnes déplacées). En termes d’assainissement l’intervention humanitaire se résumait à creuser des latrines dont le nombre est toujours resté insuffisant au regard des besoins. Les contraintes telles que le manque d’espace disponible, le sol instable ou inondable conduisant à l’effondrement des fosses, expliquent la faible couverture en assainissement dans les camps, d’autant plus que l’assainissement n’était pas une priorité pour les acteurs de l’aide humanitaire. Par ailleurs, les populations tchadiennes vivant à proximité des camps sont longtemps restées en dehors des circuits d’aide internationale, alors que leurs conditions de vie et leurs besoins étaient similaires à ceux des populations déplacées par le conflit.

Après quelques années d’intervention essentiellement d’assistance aux populations affectées, la prise en compte du caractère durable de la crise affectant de façon hétérogène le Tchad oriental est devenue une préoccupation majeure pour les acteurs de l’aide : le mot d’ordre devint l’autonomisation des populations dans les camps, en même temps que des projets à destination des populations autochtones voyaient le jour.

Le contexte actuel se caractérise par un pronostic de séjour de longue durée des personnes réfugiées soudanaises dans les camps de l’est ainsi que par une nouvelle recomposition territoriale (ressemblant à un processus d’urbanisation du Tchad oriental) induite par le mouvement des personnes déplacées internes (retour, réinstallation ou sédentarisation dans les anciens sites).

Récemment le Tchad a été le théâtre d’une des crises les plus aigües de choléra de ces quinze dernières années [2], conséquence, entre autres, d’un accès à l’assainissement qui au Tchad est extrêmement faible [3]. Ainsi, et comme nous allons le voir par la suite, plusieurs facteurs invitent à rechercher des alternatives d’assainissement dans l’est tchadien.


[1] 250 000 personnes réfugiées et 180 000 personnes déplacées estimées par ReliefWeb en 2008.

[2] 17 000 cas, 450 décès en 2011 selon MSF.

[3] Le niveau d’accès à un assainissement amélioré au Tchad était en 2002 de 30% en ville et de 0% dans les zones rurales (source : page Tchad du site web de l’Organisation Mondiale de la Santé).

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