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Découvrez les messages clés de la conférence au Tchad sur la crise alimentaire

Le Groupe URD a organisé le 21 mars dernier une conférence à Ndjamena (Tchad) sur la crise alimentaire en zone sahélienne. Les débats entre la Coordinatrice humanitaire par intérim au Tchad, des représentants des institutions tchadiennes, des représentants de réseaux de groupes d’éleveurs du Niger, de la FAO, d’ONG et de chercheurs, ont fait ressortir plusieurs enjeux et six messages clés.

Voir les présentations des intervenants :

Ainsi que les messages clés ressortis des débats et le reportage de "TV Tchad" dans le Journal de 20h, le 21 mars 2012.

 

Depuis les premiers rapports de l’Office National du Développement Rural du Niger en Aout 2011 et d’autres documents similaires sur l’ensemble de la bande sahélienne, une alerte très précoce sur un risque de crise alimentaire dans la sous-région a été lancée. Comme déjà lors des crises du début des années 2000, cette alerte précoce n’a pas immédiatement déclenché d’approche stratégique pour tenter d’infléchir le cours des choses. Discutée au sein des instances régionales, lors de la visite de la Commissaire Européenne chargée de l’Aide humanitaire, au sein de l’appareil des Nations unies [1] ainsi que lors des réunions de coordination inter-agences (cluster « sécurité alimentaire » notamment), une réponse basée sur des programmes nationaux mais reconnaissant l’importance de la dimension régionale dans la réponse à la crise alimentaire au Sahel a été initiée [2].

Lors des discussions entre le Groupe URD et les acteurs humanitaires (ONG, agences) présents au Tchad, mais également avec des représentants de la FAO à Rome et des ministères tchadiens, le besoin d’assurer que la gestion globale de la crise sahélienne en cours et les enjeux de résilience dans cette zone tiennent compte de leçons apprises des précédentes crises similaires dans la région est apparu comme un enjeu important.

En octobre 2011, la FAO et l’UNICEF avaient organisé à Nairobi un évènement sur les leçons tirées des précédentes réponses aux crises dans la Corne de l’Afrique. Lors de cette réunion – qui a réuni plus de 300 personnes et dans laquelle le Groupe URD était un de panelistes – les enjeux d’analyse du contexte, de prise en compte des risques d’effets négatifs (do no harm) et les stratégies d’intervention facilitant rapidement le renforcement des mécanismes de résilience à court, moyen et long terme, ont été longuement débattus.

A l’image de cet évènement, et fort de l’expérience de nombreuses évaluations sur la sécurité alimentaire et le lien urgence développement dans la sous-région au cours de la dernière décennie, le Groupe URD a pris l’initiative d’organiser le 21 mars 2012 à Ndjamena (Tchad) une conférence sur « Crise alimentaire en zone sahélienne - Leçons tirées des précédentes réponses humanitaires et mise en perspective face aux défis à venir ». Cette réunion, qui a réunit plus de 120 acteurs investis dans la réponse au Tchad et dans la sous-région (agences de l’ONU, autorités tchadiennes, ONG nationales et internationales, instituts de recherche) fut d’une grande richesse.
Les échanges croisés entre la Coordinatrice humanitaire par intérim au Tchad, des représentants des institutions tchadiennes, des représentants de réseaux de groupes d’éleveurs du Niger, de la FAO, d’ONG et de chercheurs, ont fait ressortir plusieurs enjeux, et notamment six messages clés.

Le premier d’entre eux reprend une des antiennes du Groupe URD : dans les contextes de crises chroniques et récurrentes, les situations impliquent une approche des liens urgence-développement à la fois dans le temps (continuum), dans l’espace (contiguum) et dans la méthode (optimalisation de l’utilisation des outils des uns et des autres pour des réponses adaptées dans le temps). Ceci implique aussi que le décloisonnement entre acteurs et financeurs de l’urgence et du développement devienne enfin une réalité. La crise dans le Sahel en 2012 sera-t-elle celle de la révolution copernicienne des financements, qui permettront enfin de travailler de façon stratégique au renforcement de la résilience des populations, des programmes et des institutions dans des zones de grande fragilité ? Suscitera-t-elle un positionnement stratégique clé face aux grands enjeux de stabilité de la bande sahéo-sahelienne et de toute l’Afrique sub-saharienne ?

[1] Le 15 février, les agences de Nations Unies, USAID et la Commission Européenne ont publié un communiqué joint pour appeler à une action urgente et concertée dans la bande sahélienne de l’Afrique de l’Ouest

[2] Voir l’article en ligne : 30 millions d’EUR pour nourrir un million d’enfants au Sahel - la Commission européenne et le Programme alimentaire mondial unissent leurs forces face à la crise alimentaire qui se profile, 15 Février 2012