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La revue du Groupe URD

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Des approches novatrices pour la logistique humanitaire : transformer le paysage de la chaîne d’approvisionnement
Eric James, Laura James, Barbara Myers

Les chaînes d’approvisionnement défaillantes sont synonymes de catastrophes pour l’action humanitaire. Colonne vertébrale de toutes les opérations d’aide, les chaînes d’approvisionnement internationales présentent de nombreux défis. La demande d’aide humanitaire augmentant, la dépendance du secteur vis-à-vis de chaînes d’approvisionnement complexes rencontre des difficultés en cas de pics soudains et imprévisibles de la demande, de sites difficiles à atteindre, de perturbations causées par un conflit, de fuites, de détériorations ou de toute autre perte courante. Face à cela, il existe de nouvelles applications techniquement simples ou complexes (high-tech et low-tech en anglais) qui peuvent réduire la dépendance vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement trop contraignantes. Ces techniques peuvent fournir des produits sur mesure tout en autonomisant les populations affectées, en modifiant considérablement les pratiques de la réponse humanitaire et en améliorant ses résultats.

Toute personne qui travaille sur le terrain assez longtemps connaîtra la frustration causée par une chaîne d’approvisionnement rompue. Cette perturbation s’explique par de mauvaises conditions matérielles et des moyens de communication insuffisants, voire inutilisables suite à une catastrophe. Ainsi, le fait de remettre les bons produits aux bonnes personnes au bon endroit et au bon moment n’est pas chose aisée ou bon marché. La logistique représente en effet 60 à 80 % des coûts de l’aide humanitaire, et malgré des améliorations récentes dans le domaine de la logistique humanitaire, des lacunes majeures subsistent.

Les nouvelles technologies permettent aujourd’hui de déplacer la fabrication des objets là où ils sont nécessaires et répondent aux défis inhérents à cette partie centrale de tout projet d’aide. Des approches novatrices, comme celles mises en œuvre par l’ONG humanitaire Field Ready, sont ainsi prêtes à modifier le paysage de la chaîne d’approvisionnement.

La clé réside dans les partenariats et le renforcement des capacités qui permettent de fabriquer sur le terrain et de façon durable des produits essentiels. On compte notamment l’impression 3D parmi ces nombreuses techniques de fabrication susceptibles d’améliorer l’efficience logistique tout en impliquant les personnes affectées et en renforçant les capacités locales.

 Le défi de la logistique humanitaire

La chaîne d’approvisionnement humanitaire standard déplace les produits via une série de longs – et courts – acheminements qui comprend au minimum six phases : planification/identification des besoins ; achat ; expédition ; stockage (bureau/entrepôt) ; distribution ; maintenance / élimination. Toutes ces phases demandent une redevabilité et une efficience totales pour être efficace. Or, les efforts pour améliorer l’efficience et l’efficacité se sont principalement focalisés sur les trois phases initiales (de la planification à l’expédition). Les dernières phases font en effet l’objet de défis non résolus, dont :

- une incapacité à corriger des erreurs de commande ainsi qu’à remplacer des stocks perdus et endommagés ;

- une vulnérabilité aux perturbations et aux retards durant les crises régionales ;

- peu – ou pas – de prise en compte des besoins culturels et des mesures exceptionnelles spécifiques à un individu, comme le matériel médical adapté, les lunettes de vue, les pièces de rechange pour les béquilles, les voitures et les générateurs ;

- des conditions hostiles et changeantes qui accentuent le besoin de pièces de rechange et d’autres articles difficiles à prévoir.