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Etude sur les pratiques de gestion des déchets générés par les organisations humanitaires et de développement en Haïti
novembre 2014-février 2015, en partenariat avec CEFREPADE

Sous l’impulsion du Réseau Environnement Humanitaires, l’Observatoire du Groupe URD en Haïti a réalisé, en partenariat avec l’ONG CEFREPADE spécialiste de la question des déchets dans les pays en développement, une étude sur la gestion des déchets générés dans le cadre des programmes d’aide en Haïti. Depuis plusieurs années, la prise en compte de l’impact environnemental, et notamment des déchets générés par les missions est un sujet sur lequel s’interroge les ONG, les bailleurs de fonds et les agences des Nations Unies. Cette étude présente une cartographie des initiatives de recyclages existantes en Haïti et propose des pistes de solutions pour l’amélioration des pratiques de prévention et de gestion des déchets à destination des acteurs de l’aide et du secteur en général.

Dans le cadre des programmes d’intervention, mais aussi du fonctionnement des organisations (bureaux et maisons des expatriés), les acteurs de l’aide génèrent des déchets qui peuvent être nocifs pour l’environnement s’ils ne sont pas gérés de manière adéquate (huiles de vidange, déchets électroniques, déchets médicaux, etc.). Comme dans beaucoup de pays du Sud, la question des déchets en Haïti n’est malheureusement pas perçue comme une priorité par les décideurs publics. Le système des déchets se caractérise par l’absence totale de traitement que ce soit pour les déchets ménagers ou pour les déchets dangereux.
Face à ce contexte, et si l’on se réfère au principe de l’aide du Do No Harm [1], les ONG et autres acteurs intervenant dans la reconstruction ont une responsabilité de réduire au minimum la quantité de déchets qu’ils produisent et d’améliorer leur gestion afin qu’elle soit acceptable au regard de la protection de l’environnement.

L’étude réalisée a montré qu’à l’exception des déchets médicaux pour lesquels les ONG ont mis en place des systèmes de gestion (incinération/exportation), la question des déchets est faiblement prise en compte par les acteurs de l’aide en Haïti. Ces derniers sont généralement peu conscients des déchets qu’ils produisent et de la manière dont ils sont gérés, au-delà du contrat de service qu’elles passent avec des entreprises locales de collecte et que les liens entre les acteurs de l’aide et les initiatives privées de recyclage développées depuis 2010, sont quasi-inexistants.

Le contexte haïtien présente néanmoins des opportunités de recyclage dont doivent se saisir les acteurs de l’aide. Un grand nombre de déchets non dangereux (papier/carton/plastiques/métaux/aluminium etc.) et dangereux (huiles de vidange, déchets électroniques) peuvent en effet être recyclés en Haïti. Il est également nécessaire pour les acteurs de l’aide de réduire la quantité de déchets qu’elles produisent et de remettre en question leurs choix de matériaux et d’emballages utilisés dans le cadre des programmes (formations ou distributions par exemple).

Les acteurs de l’aide doivent s’interroger sur l’étendue de leurs responsabilités vis à vis des déchets qu’elles produisent au delà de ce qui est visible. La prise en compte de cette thématique de la planification à la mise en œuvre, constitue un enjeu d’exemplarité et de transparence, pouvant avoir un impact sur la qualité de leurs programmes et sur leur acceptation dans leurs zones d’intervention. Des solutions techniques doivent être développées et adaptées au contexte local. Mais surtout, elles doivent prendre place dans un contexte réglementaire qui permettrait également leur prise en compte institutionnelle afin de permettre des changements de pratiques pérennes.

L’étude présente une cartographie des initiatives de recyclages existantes en Haïti et propose des pistes de solutions pour l’amélioration des pratiques de prévention et de gestion des déchets à destination des acteurs de l’aide et du secteur en général.

[1] Principe de « ne pas nuire » de l’aide humanitaire qui a émergé dans les années 90 selon lequel l’action humanitaire doit prendre conscience et réduire ses impacts négatifs sur la zone d’intervention