Accueil | Publications | Humanitaires en mouvement | Humanitaires en mouvement n°4 | Généraliser l’environnement au sein de l’action humanitaire

La revue du Groupe URD

Outils et méthodes

CHS Norme humanitaire fondamentale (CHS)
Pictogrammme Sigmah Logiciel Sigmah
Pictogrammme Reaching Resilience

Reaching Resilience
Pictogrammme brochure Formation Environnement
Pictogrammme brochure Manuel participation
Pictogrammme COMPAS Méthode COMPAS
Pictogrammme globe terrestre "Mission Qualité"
Pictogrammme PRECIS Humatem Méthode PRECIS

Généraliser l’environnement au sein de l’action humanitaire
Tom Delrue - Renard Sexton

Ignorer les risques environnementaux et ne pas intégrer suffisamment ces considérations dans les opérations de secours peut réduire l’efficacité de l’intervention en causant davantage de morts, de déplacements, de dépendance à l’aide et de vulnérabilité. Bien que ce lien ait été documenté dans des études de cas et soit communément admis par les acteurs humanitaires sur le terrain, de nombreuses opportunités sont perdues et de nombreux risques environnementaux ignorés tout au long de l’intervention humanitaire. Cet article présente des moyens de répondre à ce manque et les activités que l’UNEP souhaite mettre en place avec ses partenaires de la communauté humanitaire.

 Introduction

Les catastrophes naturelles et les conflits ont souvent un impact qui menace la vie, la santé, les moyens de subsistance et la sécurité des populations. Que ce soit en endommageant directement la terre, l’eau ou l’air, ou par le biais de stratégies de survie qui exercent de façon indirecte une pression sur des ressources naturelles rares, les impacts environnementaux suite à une crise peuvent menacer la réussite des activités de relèvement en laissant aux populations des ressources naturelles dégradées et une vulnérabilité accrue aux événements futurs.

Dans le même temps, les opérations de secours et de relèvement qui suivent les catastrophes naturelles et les conflits peuvent parfois causer autant de dégâts environnementaux que les crises auxquelles elles étaient sensées répondre. En effet, certaines techniques non durables et néfastes utilisées durant l’intervention humanitaire peuvent laisser des régions sujettes aux conflits et aux catastrophes naturelles dans des logiques de dépendance à l’aide, perpétuant ainsi la surexploitation des ressources naturelles et de l’environnement. En outre, le simple fonctionnement d’une importante présence humanitaire – conçue pour des opérations rapides et intenses – génère trop souvent des excédents importants de déchets polluants et entraîne une utilisation intense des ressources et une urbanisation lourde non durable.

Ignorer ces risques et ne pas intégrer suffisamment ces considérations environnementales dans les opérations de secours peut réduire l’efficacité de l’intervention en causant davantage de morts, de déplacements, de dépendance à l’aide et de vulnérabilité. Bien que ce lien ait été documenté dans des études de cas et soit communément admis par les acteurs humanitaires sur le terrain, de nombreuses opportunités sont perdues et de nombreux risques environnementaux ignorés tout au long de l’intervention humanitaire.

Par conséquent, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), de par ses compétences de point focal sur l’environnement au sein du système de coordination humanitaire, travaille avec des partenaires des Nations Unies, mais aussi des ONG et des bailleurs de fonds pour profiter de l’élan actuel et mieux intégrer l’environnement dans le cadre de l’action humanitaire. Le PNUE a renforcé ses efforts pour améliorer la prise de conscience et l’intégration des enjeux environnementaux au sein des opérations humanitaires. Le but de cette initiative est de minimiser les potentiels impacts environnementaux négatifs de ces opérations, pour s’assurer qu’elles n’augmentent pas la vulnérabilité et ne nuisent pas au développement à plus long terme. La coopération avec toutes les parties prenantes s’avère fondamentale pour le succès de cet effort qui conduira à la coopération étroite des acteurs de l’humanitaire et du relèvement précoce, les autorités, les bailleurs de fonds et les populations concernées par des problèmes environnementaux.