La revue du Groupe URD

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La gestion sanitaire des grandes catastrophes
François Grünewald

On doit autant aux morts, aux blessés et aux survivants d’assurer que les leçons soient tirées après chaque grande opération humanitaire et qu’un bilan critique soit fait. Dans le domaine de la santé, un exercice passionnant d’appui à l’apprentissage collectif a été mis en place sous les auspices de l’Organisation Panaméricaine de la Santé (PAHO) à l’initiative du Dr Claude de Ville de Goyet. L’analyse de la réponse médicale des trois premiers mois après le séisme, publiée par PAHO en anglais avec un résumé en Français a permis de faire le point sur un ensemble d’éléments cruciaux de la réponse.

Dans un pays où existe un système de santé, aussi faible soit-il, il est indispensable d’assurer son implication tant opérationnelle que dans la coordination. Ceci implique d’en faire rapidement l’analyse, d’évaluer sa capacité (y compris comment cette dernière a été affectée par le désastre) et de voir comment le soutenir dans son rôle de « pilote national ».

Les enjeux techniques de la réponse dépendent fortement de l’impact de la catastrophe et donc du type d’évènement catastrophique. L’impact d’un tsunami diffère fortement de celui d’un séisme ou d’une inondation à cinétique lente. Les kits « tout prêts » trouvent là leur limite. Les enjeux purement médicaux de la réponse d’extrême urgence sont complexes mais la clé reste le temps nécessaire à l’arrivée des blessés dans les postes de santé. Les questions de premiers secours pour stabiliser, des gestes pour gérer les risques de « crush syndrom » de distribution de moyens d’évacuation simple sont essentielles. De même que l’est la capacité technique et psychologique d’effectuer des triages et d’informer et réconforter les familles des personnes qui ne sont pas sélectionnées pour les interventions d’urgence.

Les décisions pour l’enterrement des corps ont été prises assez rapidement. Il reste à gérer l’impact social et culturel de l’absence de deuil qui touche de nombreuses familles. Pour une fois, les grandes déclarations sur l’épidémie post-désastre n’ont pas eu lieu, même si des corps sont restés souvent longtemps sous les décombres.

La gestion de l’information est cruciale à la fois pour des raisons de médecine légale, pour le suivi des cas souvent transférés d’une structure de santé à une autre et afin de remettre le plus vite en place des systèmes de veille sanitaire d’autant plus essentiels que des concentrations fortes de populations dans des contextes urbanisés dans lesquels l’environnement sanitaire et d’assainissement est dégradé créent de facto des « bombes à retardement » pour la santé publique. Ceci doit aussi contribuer à éviter les envois intempestifs de médicaments et de matériel médical non utilisables, qui encombrent les entrepôts et coûtent cher à être détruits. Les pays donateurs qui ne l’ont pas encore fait devront d’urgence établir et promouvoir des « codes nationaux » à cet effet.