La revue du Groupe URD

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La planification participative en milieu urbain et rural

 

 3. Les limites de la démarche

L’instabilité politique et institutionnelle : Depuis le séisme de 2010, la planification sur le moyen / long terme est rendue compliquée par l’instabilité politique. En effet, outre la période électorale du dernier trimestre de 2010 défavorable à des engagements sur le long terme, les changements de Municipalités de ces derniers mois (nomination des maires) ne facilitent pas les planifications stratégiques. Des élections municipales auraient dû être organisées en 2011, mais ont été reportées sine die. Un arrêté présidentiel du 18 février 2012 annonce les premières révocations des cartels [10] municipaux, remplacés par des personnes non plus élues mais nommées par la Présidence. A ce jour, la grande majorité des cartels a ainsi été changée dans la région métropolitaine et à travers tout le pays ; il s’agit de « cartels dits-transitoires » avant l’organisation des élections municipales dont la date n’a pas été fixée. Les plans d’aménagement élaborés étant pluriannuels, cette incertitude électorale et le fait que les représentants ne soient plus des élus posent des problèmes de positionnement pour les bailleurs et opérateurs potentiels.

A qui s’adressent les planifications communautaires ? L’immense majorité de la population de la région métropolitaine de Port-au-Prince vit dans les quartiers informels. Or, la municipalité et l’Etat ne reconnaissant pas l’existence de ces quartiers considèrent ne pas y être assujettis à de quelconques obligations. A partir de là, il peut être difficile d’attendre une quelconque appropriation de la planification participative par les autorités publiques et plus encore, leur implication.

Dans le cas des communes, il ne s’agit plus d’une question de reconnaissance dans la mesure où l’exercice est conduit par les collectivités territoriales elles-mêmes et où l’Etat est impliqué à travers le MPCE. La question qui se pose ici est donc moins au niveau de la démarche institutionnelle que des moyens dont disposent les collectivités territoriales pour mettre en œuvre les projets élaborés dans le cadre de la planification et de leurs obligations vis-à-vis de la population eu égard au document stratégique. Ce dernier point est d’autant plus important dans le contexte actuel où les cartels municipaux ne sont non seulement plus des élus, mais où en plus la durée de leur mandat n’est pas clairement définie.

Malgré ces difficultés, ces documents n’en demeurent pas moins un excellent outil de planification participative permettant une meilleure appropriation par les populations des priorités de leur commune ou quartier.


[10] Le cartel municipal est composé du Maire principal et de ses deux adjoints.