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La reconstruction d’habitats en Haïti : enjeux techniques, habitabilité et patrimoine
Cas des reconstructions post-séisme en milieu rural et péri-urbain en Haïti, 2014

Cette étude vise à comprendre des évolutions récentes liés au contexte haïtien, à la vulnérabilité du territoire et aux modes de construction en intégrant des facteurs techniques, juridiques, sociaux, économiques, politiques, etc. et les spécificités culturelles du monde paysan Haïtien. Elle se consacre également à l’analyse des projets de relogement de sinistrés suite au séisme du 12 janvier 2010 dans des habitats permanents ou transitoires, et démontre enfin l’importance des rôles de l’architecte en situation de relogement post-catastrophe.

Dans le contexte haïtien, les risques sont multiples et diversifiés par leur nature et leur fréquence. La vulnérabilité d’Haïti vis-à-vis de ces risques est d’autant plus grande que la majorité des haïtiens vivent dans des situations précaires et dans la pauvreté. Éclipsé par le risque cyclonique, plus fréquent, et par les difficultés économiques et politiques quotidiennes, le risque sismique n’était présent ni dans les esprits de la population, ni dans ceux des dirigeants.

Dans le domaine de la construction, la volonté de se prémunir contre les cyclones, le sentiment d’insécurité au quotidien et l’aspiration à la modernité occidentale ont progressivement mené les constructeurs, les propriétaires et les décideurs à préférer les bâtiments en blocs de ciment avec des toitures en béton. Mais cette technique de construction, certes résistante aux cyclones, est trop mal maîtrisée en Haïti pour que les bâtiments puissent résister à un séisme.

Cette étude vise ainsi à comprendre ces évolutions récentes, en intégrant des facteurs techniques, juridiques, sociaux, économiques, politiques, etc. et les spécificités culturelles du monde paysan Haïtien. L’analyse de l’habitat traditionnel rural permet ici de tirer des leçons sur la qualité des matériaux utilisés autrefois, les détails architecturaux qui ont contribué à améliorer la pérennité des maisons dans le temps, et les savoir-faire des artisans qui les ont construites. Mais quels facteurs ont conduit les haïtiens à délaisser leurs savoir-faire constructifs traditionnels ? Comment les valoriser aujourd’hui ? Quelles sont les problématiques foncières ? Etc.

Elle se consacre également à l’analyse des projets de relogement de sinistrés suite au séisme du 12 janvier 2010 dans des habitats permanents ou transitoires : qu’en est-il de la qualité de l’habitat, la durabilité des constructions, mais aussi l’impact sur le développement à long terme, au-delà de la seule fonction d’abri post-catastrophe ? Quelle flexibilité des programmes pour s’adapter aux spécificités culturelles ? Quelle intégration de personnels haïtiens compétents ? Etc.

Cette étude démontre aussi l’importance des rôles de l’architecte en situation de relogement post-catastrophe, pour reloger des sinistrés dans des habitats pérennes, dignes et adaptés culturellement, mais aussi orienter les choix vers des solutions à la fois durables et respectueuses des objectifs du programme.