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La revue du Groupe URD

Outils et méthodes

CHS Norme humanitaire fondamentale (CHS)
Pictogrammme Sigmah Logiciel Sigmah
Pictogrammme Reaching Resilience

Reaching Resilience
Pictogrammme brochure Formation Environnement
Pictogrammme brochure Manuel participation
Pictogrammme COMPAS Méthode COMPAS
Pictogrammme globe terrestre "Mission Qualité"
Pictogrammme PRECIS Humatem Méthode PRECIS

Humanitaires en mouvement n°15, N° spécial " Qualité de l’aide "

La revue entre pairs : mode d’apprentissage et de progrès pour l’humanitaire
Julien Carlier & Hugues Maury

Le lancement récent de la Norme humanitaire fondamentale (Core Humanitarian Standard en anglais, ou CHS), référentiel de qualité et de redevabilité, pose la question de sa mise en œuvre. Cette initiative n’apportera en effet rien de nouveau au secteur humanitaire si elle ne parvient pas à encourager durablement un changement des pratiques au sein des organisations. Dans d’autres secteurs, la revue entre pairs a prouvé sa capacité à stimuler les innovations et faire émerger des bonnes pratiques en permettant la confrontation de différentes approches. Appliquée au secteur humanitaire, cette initiative offre un fort potentiel pour engager un processus collectif d’apprentissage et de réflexion qui bénéficierait à l’ensemble des acteurs humanitaires : petits et grands, anciens ou récents, connus ou non du grand public, du Sud comme du Nord.

La communauté humanitaire s’est dotée d’un nouveau référentiel de Qualité et de redevabilité : la Norme humanitaire fondamentale (Core Humanitarian Standard en anglais, ou CHS) présentée en décembre dernier à Copenhague. Après plus d’un an d’un large processus participatif, la majorité des acteurs humanitaires s’est entendue pour saluer un pas significatif vers une vision commune de la qualité dans le secteur. Pour autant, ce nouvel outil ne changera rien à la qualité de l’aide s’il n’est pas utilisé correctement.

Le secteur humanitaire dans son ensemble ne manque pas d’outils, de guides ou autres recommandations de pratiques sur quelque sujet que ce soit. En septembre 2014, les participants à un atelier des Universités d’Automne de l’Humanitaire du Groupe URD [1] avaient dénombré pas moins de 150 outils de référence pour les travailleurs humanitaires… Au-delà de cette profusion d’outils disponibles se pose également la question de leur bonne utilisation au quotidien. Si le CHS fusionne avantageusement des éléments-clés de 7 initiatives reconnues du secteur [2] et sera prochainement accompagné d’indicateurs et de notes d’orientations, il demeure néanmoins crucial d’accompagner et de stimuler durablement le changement des pratiques au sein des ONG.

Un des principes fondamentaux de cette nouvelle norme est qu’elle est non-prescriptive ; libre donc à chaque organisation ou groupe d’organisations de s’en inspirer et de l’adapter à ses pratiques sur une base volontaire. Cette liberté de choix offre un espace pour innover et définir la forme que devrait prendre cette démarche qualité. Depuis plusieurs mois, le Groupe URD s’est penché sur un modèle de mise en œuvre du CHS qui reposerait sur la revue entre pairs et l’apprentissage entre pairs, au cours d’un processus volontaire de labellisation. Cette réflexion sur le rôle d’un partage entre pairs est née d’initiatives réussies dans différents secteurs : par exemple, entre pays membres du CAD de l’OCDE pour la revue des systèmes de coopération bilatérale au développement ; entre professionnels de la santé pour l’accréditation des hôpitaux ou encore au sein des comités de publication de revues scientifiques. Cet article se propose d’étudier comment un tel système appliqué à l’humanitaire pourrait contribuer à influencer positivement un secteur hétérogène et complexe.


[1] http://www.urd.org/Quality-in-humanitarian-actions

[2] Le Code de conduite pour le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et pour les organisations non gouvernementales (ONG) lors des opérations de secours en cas de catastrophe ; la Norme HAP 2010 de redevabilité humanitaire et de gestion de la qualité ; le Code de bonnes pratiques dans la gestion et le soutien du personnel humanitaire de People in Aid ; la Charte humanitaire et les standards essentiels du Manuel Sphère ; le COMPAS Qualité ; les engagements des responsables de l’IASC en matière de redevabilité vis-à-vis des personnes affectées (CAAP) ; et les critères d’évaluation de l’assistance humanitaire et du développement développés par la Direction de la coopération pour le développement (DCD-CAD) de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).