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La situation actuelle des réfugiés maliens au Sahel : quelques pistes opérationnelles en situation d’urgence prolongée
Valérie Léon

Alors que l’instabilité politique au Mali s’est ravivée depuis fin mai 2014 et que les financements humanitaires autour de la crise malienne sont en décroissance depuis 2013, il semble difficile de concevoir des stratégies, à la fois de réponse humanitaire et de résilience sur le moyen-long terme. Suite à trois missions terrain dans les camps du Burkina Faso (Goudebo), du Niger (Tillabéri et Intekane) et de Mauritanie (Mbera), le présent article explore des voies opérationnelles pour répondre aux défis actuels du prolongement de l’exil des refugiés maliens au Sahel.

Aujourd’hui, il est fort probable qu’une bonne partie des réfugiés maliens demeure dans les pays environnants (Burkina Faso, Mauritanie et Niger) dans des zones difficiles d’accès, arides, faiblement développées et sujettes à des crises alimentaires récurrentes (2005, 2010, 2012). Ces réfugiés maliens sont issus de divers groupes ethniques : majoritairement Touaregs, Songhais et Arabes [1], mais également Haoussas, Peulhs et Bambaras.

Au cours de l’année 2014, les processus de retours se sont ralentis et les évènements récents au Mali ont généré de nouveaux mouvements de population [2]. Suite aux affrontements entre le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) et le gouvernement malien (dans la région de Kidal, mai 2014), les chefs réfugiés (notamment ceux du camp de Mbera en Mauritanie) réaffirmaient leurs réticences à l’idée de rentrer au pays, ce qu’ils exprimaient d’ailleurs depuis déjà plusieurs mois. Cette volonté de ne pas rentrer est fortement liée au processus de négociation en cours et à l’absence de garanties pour un retour sûr (sécurité, services basiques) [3].

En résumé, le contexte humanitaire dans lequel se trouvent actuellement les réfugiés maliens est caractérisé par :

  • Une nature complexe et multifactorielle de la crise, générée par l’interaction des déficits alimentaires et des dynamiques de conflit.
  • La raréfaction des financements pour le Sahel.
  • La non-résolution du conflit et le manque d’institutions de gouvernance stables au Nord Mali, d’où un risque de prolongement de l’exil des réfugiés maliens.
  • Les signes toujours récurrents de l’imminence de nouvelles crises alimentaires dans certaines zones géographiques du Sahel.

De fait, les acteurs humanitaires se trouvent à la croisée de plusieurs problématiques, qui appellent des modalités d’intervention différentes :

  • La consolidation de la phase d’urgence et de la sécurité économique des populations réfugiées, dans une perspective de retour ou d’un prolongement de leur situation d’exil ;
  • Le renforcement de la résilience des populations, dans un contexte d’insécurité alimentaire chronique ;
  • La préparation de plans de contingence dans le cas d’un nouvel afflux de réfugiés maliens.

[1] Les derniers enregistrements individuels relevaient les répartitions suivantes au Niger (février 2014) : 79 % (Touaregs), 12 % (Songhais), 2 % (Arabes) ; et au Burkina Faso (juin 2014) : 77 % (Touaregs), Arabes (11 %), 2 % (Songhais). En juillet 2013, en Mauritanie, la majorité des réfugiés étaient Arabes (54%) et Touaregs (45%).

[2] http://unhcrniger.tumblr.com/post/92821414219/relocalisation-des-nouveaux-refugies-maliens-dagando-a

[3] Groupe URD, « Étude sur la gouvernance dans les zones à faible densité de population du nord-Mali », octobre 2013-février 2014. Cf. http://www.urd.org/Etude-sur-la-gouvernance-dans-les,1819