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Humanitaires en mouvement n°8, N° spécial " Villes et crises "

La ville face au risque global
François Grünewald

Port-au-Prince, Benghazi, Abidjan, Fukushima nous le rappellent : les villes, les guerres et les catastrophes naturelles ont intimement lié leurs histoires depuis les débuts des civilisations. La ville, lieu de tous les pouvoirs et de toutes les richesses, a toujours été un moteur fort du progrès : Babylone, Carthage, Rome, Florence … Paris, Vienne, New-York, Shanghai, Port-au-Prince ... Deux caractéristiques de la dynamique urbaine, la densification démographique et l’accumulation de richesses et des pouvoirs, ont de tout temps induit ou renforcé des facteurs de risque tant naturels que politiques. La mémoire collective de l’humanité est pleine d’images de villes ravagées et de modifications de systèmes sociopolitiques suite à des destructions majeures en ville : l’histoire de la méditerranée, notamment au Liban, en est une illustration. Alors que l’urbanisation croissante de la planète et la multiplication des mégalopoles accentuent la concentration de la population humaine dans et à la périphérie des villes, il est urgent de se pencher sur ces « cités fragiles », qui abritent déjà plus de 50 % de la population mondiale.

 La superposition dans l’espace de dynamiques d’urbanisation rapide et de facteurs de risques naturels : un élément déterminant de la vulnérabilité

Certains contextes présentent des vulnérabilités accrues du fait de la multiplication des facteurs de risques auxquels ils sont exposés :

  • Le développement urbain sur les zones côtières et dans les deltas est porteur de risques importants. Que ce soit en Afrique, en Asie, en Europe, dans les systèmes insulaires ou sur le continent américain, la densification urbaine sur les littoraux augmente fortement l’impact des catastrophes à cinétique rapide (cyclones, tsunami), tout comme la sensibilité aux phénomènes de hausse du niveau des eaux.
  • L’implantation de certaines villes en zone aride ou la croissance très rapide de phénomènes de concentration urbaine dans des régions à déficit hydrique permanent est un phénomène de plus en plus fréquent avec la dégradation des conditions de vie et de sécurité dans de nombreuses zones désertiques ou sur leurs franges. Ces dynamiques contribuent à une exacerbation de la pression sur les ressources en eau et à un accroissement des risques sanitaires liés à des problèmes aigus de qualité de l’eau.
  • L’installation de grandes concentrations urbaines dans des zones à haut risque tectonique, dans les pays développés comme dans les pays en voie de développement, induit aussi une forte dangerosité. Le danger ne pourra être réduit que par la mise en place et l’imposition de standards parasismiques dans les techniques de construction et par des mesures de gestion des risques au sein des politiques d’aménagement des territoires.
  • L’urbanisation comme dynamique d’aggravation des risques technologiques, sanitaires et sécuritaires. La concentration de populations, et les flux de biens et de personnes font partie de l’essence même de la ville. Mais si la ville ouvre de nombreuses opportunités économiques et sociales, elle a de tout temps été le lieu des grandes explosions sociales, des grandes épidémies et des désastres technologiques.

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