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La vulnérabilité d’Haiti aux séismes : pour une perspective historique et une meilleure analyse des risques

Le risque sismique semble être le grand absent des politiques de réduction des risques de désastres en Haïti. Les plans de prévention ont tendance à se concentrer sur les phénomènes climatiques. Parce qu’aucun secteur (social, productif et infrastructure) n’a été exempt, le séisme du 12 janvier 2010 doit servir de base à l’élaboration d’une nouvelle culture de la gestion des risques pour la population, les acteurs économiques et les décideurs politiques.

 Vulnérabilité et conséquences des séismes de grande ampleur

Les séismes de grande ampleur ont en général des conséquences qui dépassent largement la capacité de réponse des pouvoirs locaux. Ils génèrent des pertes humaines et économiques considérables. Les populations perdent le résultat de nombreuses années d’accumulation, tandis que les infrastructures et services des équipements publics sont souvent dramatiquement touchés.

Le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti est un exemple de ces drames. Il a dévasté les villes de Port-au-Prince, Léogâne, Gressier, Grand Goâve et Petit Goâve dans le département de l’Ouest, et la ville de Jacmel dans le Sud-est. Ce séisme a affecté les secteurs vitaux du pays, principalement les secteurs sociaux et productifs ainsi que les infrastructures. Les dommages et les pertes enregistrés sont considérables et s’élèvent à environ 7 804 millions US$ [1].

Le pays et sa population étaient très vulnérables aux catastrophes avant le séisme du 12 Janvier. De nombreux facteurs comme la paupérisation, la forte pression sur le couvert arboré, l’absence de normes de construction, l’urbanisation anarchique, tant en zone sismique qu’en région inondable, la forte densité de population dans certaines zones, la déficience des infrastructures, la mauvaise planification et l’aménagement de l’espace constituent des éléments de vulnérabilité aux catastrophes dites « socio-naturelles », concept qui indique qu’un évènement naturel ne devient une catastrophe que lorsqu’il rencontre une société mal préparée.


François Grunewald , Yvio GEORGES

[1] Haïti Earthquake PDNA : Assessment of damage, losses, general and sectoral needs, 2010.