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La revue du Groupe URD

Outils et méthodes

CHS Norme humanitaire fondamentale (CHS)
Pictogrammme Sigmah Logiciel Sigmah
Pictogrammme Reaching Resilience

Reaching Resilience
Pictogrammme brochure Formation Environnement
Pictogrammme brochure Manuel participation
Pictogrammme COMPAS Méthode COMPAS
Pictogrammme globe terrestre "Mission Qualité"
Pictogrammme PRECIS Humatem Méthode PRECIS

Laurent Thomas
Sous-directeur à la FAO en charge du département de la coopération technique

Laurent Thomas
Sous-directeur à la FAO en charge du département de la coopération technique

Le Groupe URD fête cette année ses 20 ans. Pouvez-vous vous présenter et nous en dire plus sur le rôle que vous avez pu jouer dans l’histoire du Groupe URD ?

Je travaille actuellement à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), où je suis le sous-directeur général en charge du département de la coopération technique, qui a la responsabilité des activités de la FAO dans les domaines de : 1) l’appui à la programmation des investissements en agriculture et développement rural ; 2) l’urgence et la réhabilitation et 3) la mobilisation de ressources, en particulier dans le cadre de la coopération Sud-Sud. Depuis sa création, le Groupe URD a toujours été pour la FAO un partenaire que je considère important. A ma connaissance, c’est le seul « think tank » francophone sur les questions humanitaires. Il y a beaucoup de centres de réflexion sur ces questions, en particulier dans le monde anglo-saxon, et c’est en France le seul vraiment solide dans le secteur. C’est aussi une référence dans le domaine de l’évaluation et de la production d’outils méthodologiques.

Notre partenariat est ancien. Je pense notamment à une mission au Sud Soudan il y a une quinzaine d’année, qui a été déterminante pour la FAO. Si la FAO est aujourd’hui si présente auprès des autorités soudanaises du Sud, c’est aussi grâce à cette mission fondatrice avec le Groupe URD.

Plus récemment, un dialogue s’est instauré avec le Groupe URD dans le cadre de notre réflexion stratégique. Lorsque nous avons eu la volonté de mieux intégrer le renforcement de la résilience des populations rurales face aux crises dans notre nouveau cadre stratégique, la contribution technique de l’équipe du Groupe URD a été très utile.

Ce qui m’intéresse avec le Groupe URD, c’est cette capacité de penser bien, juste, et parfois à contre-courant des pensées établies. Leurs analyses factuelles ne suivent pas le ronronnement des pensées établies. J’ai été également marqué par le leadership de François Grünewald, pour qui j’ai beaucoup de respect. C’est une personne qui a monté avec son équipe une structure de grande qualité. Je considère que le Groupe URD contribue au rayonnement des écoles de pensées francophones dans le secteur humanitaire. Les NU leur ont confié des nombreuses missions d’analyse dans le cadre de situations post-crise, et les produits du Groupe URD ont permis à cette communauté d’acteurs d’évoluer.

Si vous deviez décrire brièvement/en un mot le Groupe URD ?

Un acteur crédible et professionnel au service de l’humanitaire et de ses principes. Ce qui est intéressant est la capacité du Groupe URD de travailler à différents niveaux d’analyse et de production de résultats. Ils effectuent un travail de fond de productions d’outils qui s’enracine sur des pratiques d’analyse au plus près de la réalité du terrain. Leurs propositions sont vraiment enracinées dans une connaissance des réalités et une écoute des acteurs sur le terrain.

Quelle est votre perception du Groupe URD ? Comment percevez-vous son rôle, son positionnement, ses spécificités ?

Je suis vraiment convaincu de l’importance du travail du Groupe URD. Ce que j’apprécie dans leur positionnement et la définition de leur priorité est cette volonté de maintenir un lien fort entre leurs pratiques en tant que professionnels et l’aspect formation, que ce soit de cadres, de praticiens, ou de nouvelle génération de professionnels de l’humanitaire et du développement

Dans le monde humanitaire, dans la communauté urgentiste, il existe des courants, et une tendance dominante qui privilégie les réponses dans les crises dans l’optique de sauver des vies - ce qui est fondamental -, mais ce n’est pas suffisant. On le sait, il est nécessaire de travailler sur les autres dimensions qui permettent la reconstruction. Il y a aussi toutes les dimensions de la prévention, l’alerte, et la nécessité impérative de fournir des réponses qui s’attaquent aux racines des problèmes, et ce n’est pas toujours un positionnement facile à faire passer au sein de la communauté humanitaire. Le Groupe URD a contribué aux débats dans ce domaine.

À ma connaissance, la première personne qui a commencé à faire avancer l’idée du renforcement de la résilience dans les contextes humanitaires est François. J’ai eu les premières discussions sur le concept de résilience avec lui il y a plus de 10 ans. Une très grande clairvoyance et un visionnaire…

Avez-vous une anecdote à partager ?

Je laisse le soin à François de compter (s’il le souhaite) le debriefing avec le coordinateur des Nations Unies /coordinateur humanitaire du Soudan à l’occasion de la mission de diagnostic qu’il avait mené pour la FAO il y a une quinzaine d’années.

Comment envisagez-vous le futur du Groupe URD ? Quels sont vos souhaits pour l’avenir ?

Je souhaiterais que le Groupe URD soit stabilisé. Il se bat sans cesse pour obtenir ses financements, et ceci au détriment de la sérénité nécessaire à la conduite de leur production intellectuelle et des travaux de capitalisation. Je souhaiterais qu’il soit plus aidé pour mener de front un travail sur les différents piliers qui font sa force (aussi bien des travaux de consultation et d’analyse, qu’un travail de fond et de réflexion politique, méthodologique et de production d’outil).