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La revue du Groupe URD

Outils et méthodes

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Le Groupe URD s’intéresse aux politiques d’intégration du genre dans l’action humanitaire

Dans les années 1970, les féministes se sont emparées du terme « genre » pour lui faire dépasser alors la simple catégorie grammaticale et désigner une identité sexuée, issue d’une construction sociale. Ce terme est aujourd’hui largement repris par les sociologues pour expliquer les rapports de pouvoir qui s’opèrent entre hommes et femmes. Dans la sphère de l’humanitaire et du développement, la question de l’égalité se pose aussi et l’aspect du genre est devenu une variable à prendre en compte dans la construction de programmes.

Lors de la conférence sur la population et le développement de 1994, l’emphase avait déjà été mise sur le rôle que les hommes auraient à jouer dans la quête de l’égalité : « Les hommes ont un rôle décisif à jouer dans le processus d’instauration de l’égalité entre les sexes » [1] . 15 ans plus tard, en 2009, un symposium tenu au Brésil, consacré à l’implication des hommes, a appuyé de nouveau la nécessité d’engager les hommes, autant acteurs que bénéficiaires [2].

Camille Chevrier, étudiante en Sociologie de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHSS), pose l’hypothèse de départ que si les hommes sont peu impliqués, on peut supposer que c’est parce que, tout d’abord, l’appropriation individuelle de la dimension de genre par les acteurs et actrices a un impact plus ou moins direct sur la mise en œuvre des programmes. De cette appropriation individuelle, et de la compréhension du genre par les acteurs et les actrices, découleraient un certains nombres de sous-questions : Quelle place laissent-ils alors à cette dimension lorsqu’il s’agit de répondre à l’urgence ? Considèrent-ils cette dimension comme prioritaire ? Comment est contextualisé le gender maintreaming et quelle réception en est-il fait sur le terrain ? Et qu’est-ce qu’implique cette appropriation au quotidien pour les acteurs et actrices ? Que comprennent les acteurs et actrices humanitaires et du développement du « genre » ? Et dans un contexte transnational, de quel genre parle-t-on ? (étant entendu que bien que les rapports de pouvoir entre hommes et femmes soient universels, ils ne sont pas les mêmes partout dans le monde).

Ce sont les questions auxquelles Mme Chevrier s’attèle à répondre au cours de son séjour de stage au sein de l’Observatoire du Groupe URD en Haïti, en ce début d’année 2014. Les résultats de cette étude seront publiés au cours du mois de septembre à venir. Ils seront également débattus lors d’un atelier qui réunira différents membres du secteur « genre et actions humanitaires ».

[1] United Nations, Rapport de la Conférence internationale sur la population et le développement, Le Caire, 5-13 septembre 1994, Nations unies, New-York, 1995.

[2] http://www.promundo.org.br/wp-content/uploads/2010/06/Global-Symposium.pdf