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La revue du Groupe URD

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Le modèle d’innovation à trois niveaux du Croissant-Rouge qatari face à la crise des réfugiés syriens au Liban
Omar Katerji

Au cours des dernières années, il a beaucoup été question d’innovation au sein des organisations humanitaires. Pour autant, même si l’innovation est bien évidemment nécessaire dans le secteur humanitaire, une attention particulière doit être accordée aux solutions innovantes qui fonctionnent (en particulier, quand elles concernent les bénéficiaires). Dans cet article, nous développons l’idée que pour changer la culture des organisations à but non lucratif (plutôt que leurs seuls programmes) et, par conséquent, améliorer la prestation de services aux bénéficiaires, il est essentiel de créer une infrastructure d’innovation complémentaire, évolutive et agile, cela pour ne pas innover dans le seul but d’innover. Nous montrons également les bénéfices de l’utilisation des stratégies à trois niveaux pour atteindre des objectifs à trois niveaux et récolter des gains « triples ». Nous donnons ainsi des exemples tirés de l’expérience de la Société du Croissant-Rouge qatari (QRCS) au Liban dans le cadre des opérations d’hivernage destinées aux réfugiés syriens (principalement, la création et la mise en œuvre des projets « sacs de couchage 4-en-1 » et « isolation thermique par l’intérieur »).

 Le discours sur l’innovation

Il a très souvent été question d’innovation au sein des organisations humanitaires durant la dernière décennie. Elles ont cependant encore beaucoup de terrain à parcourir pour exploiter tout son potentiel. Même si le fait d’investir dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication, les énergies renouvelables, les projets d’abris « intelligents » et de micro-finance constitue effectivement un pas dans la bonne direction (à condition que ces choix répondent à des besoins réels et soient mis en œuvre de façon appropriée), dans un contexte plus large, ces innovations sont seulement la partie émergée de l’iceberg si elles ne sont pas intégrées dans une approche systématique à l’échelle de l’organisation. En réalité, pour exploiter tout le potentiel de l’innovation, les acteurs humanitaires doivent reconnecter et accorder entre eux plusieurs départements polyvalents au sein de leurs organisations de manière à créer des chaînes de valeur durables capables : soit d’atteindre un éventail plus large de bénéficiaires (portée horizontale), soit d’obtenir un impact plus vertical sur des bénéficiaires vulnérables spécifiques [1].

Ainsi, pour optimiser les produits de l’innovation, les organisations humanitaires doivent établir des stratégies de partenariats, de diffusion et d’impact. Cet article donne des exemples de réussites obtenues en utilisant le modèle d’innovation à trois niveaux qui s’appuie sur des expériences d’aide aux réfugiés syriens au Liban.

 Le modèle d’innovation

On ne saurait exagérer le défaut qui consisterait à juger et mesurer l’innovation seulement en termes d’atteinte des objectifs du projet. Dans les faits, des projets peuvent atteindre leurs objectifs mais manquer d’efficience. De même, certains projets peuvent ne pas atteindre leurs objectifs et livrer pourtant des leçons d’une valeur inestimable sur la manière de mieux faire la prochaine fois. Par conséquent, l’innovation devrait être intégrée sur mesure pour les causes spécifiques (d’intérêt) de chaque organisation humanitaire. En outre, les organisations humanitaires doivent intégrer leurs mandats spécifiques et leurs priorités régionales/sectorielles dans leurs modèles d’innovation.


[1] Par exemple, en appliquant une approche communautaire multisectorielle.