La revue du Groupe URD

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Les défis de la reconstruction du centre-ville de Port-au-Prince
Richener NOEL, Août 2013

 

 5. Conclusion : vers une stratégie globale de reconstruction pour le centre-ville

La reconstruction du centre-ville ne devrait pas être approchée sous l’angle unique de la construction de bâtiments, réhabilitation de rues et mise en place de services pour le retour du grand commerce. Elle est également une question éminemment sociale reflétée par la prédominance du secteur informel, le sentiment d’insécurité ou encore l’expansion des quartiers populaires (Bel-Air, la Saline, Portail-Léogâne, les cités l’Eternel, Plus, de Dieu). Comment alors gérer la question des marchés informels sans envisager une exclusion de ces marchand(e)s qui font déjà partie du paysage du centre-ville ? Quelle politique d’aménagement urbain pour harmoniser ces différents quartiers proches avec le centre-ville eu égard à la nouvelle dynamique urbaine ? Comment rénover, requalifier et réadapter ces différents quartiers et les intégrer dans un projet d’ensemble pour la ville ? Quelles solutions aux problèmes d’exclusion sociale et de pauvreté qui constituent l’un des facteurs fondamentaux de l’insécurité ? Le devenir du centre-ville est donc intimement lié aux grands choix de rénovation urbaine retenus pour la région métropolitaine de Port-au-Prince.

Le chantier ne concerne donc pas uniquement le site en tant que tel, mais tous les éléments qui participent à la reconstruction globale, à savoir les formes de gouvernance à adopter aux réponses aux problèmes d’assainissement, d’infrastructures publiques, d’occupation informelle des rues, de sécurité en ville, d’aménagement des quartiers spontanés entourant le centre-ville. Il est aussi question de l’idée que l’État et les principaux acteurs se font de ce centre-ville. S’agit-il seulement d’un retour du grand commerce ? Auquel cas, même avec de grands bâtiments, le centre-ville resterait toujours statique et cette reconstruction ne serait que de façade. Ou, du moins, envisagent-ils un centre-ville dynamique, multifonctionnel répondant à la nouvelle forme d’urbanisme caractérisée entre autres par la mixité culturelle et la pluralité socioéconomique ? Dans tous les cas, les leçons du séisme devraient forcer les acteurs impliqués à poser les problèmes non seulement en fonction des besoins ponctuels d’un groupe, mais à chercher des réponses fondamentales à de nouvelles formes de vivre ensemble.