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Les méthodologies d’analyse de la situation alimentaire et économique des ménages sont-elles appropriées au milieu urbain ?
Caroline BROUDIC, juin 2012

Les expériences de programmes de transferts monétaires consécutives au séisme du 12 janvier 2010 ont été largement documentées. L’ampleur de la réponse, le contexte urbain et certaines pratiques innovantes ont en effet justifié une prise de recul pour mieux analyser les points forts et les faiblesses de ces interventions. Le présent article porte sur ce qui semble avoir été toutefois insuffisamment pris en compte dans la période post-séisme, à savoir l’analyse des marchés alimentaires et non alimentaires et plus encore l’étude du marché du travail.

Les programmes de transferts monétaires (distributions d’argent ou de coupons) tels qu’ils ont été conçus au lendemain du séisme visaient généralement un double objectif : i) améliorer l’accessibilité aux produits de première nécessité des personnes victimes du séisme en améliorant leur pouvoir d’achat et ii) stimuler l’économie locale à travers le commerce de proximité. Le constat que les marchés étaient fonctionnels et que le problème majeur était davantage lié à la perte de revenus a rapidement permis d’aboutir à la décision de plutôt renforcer les capacités d’achat des ménages haïtiens que d’organiser des distributions en nature. Dès la fin du mois de mars 2010, les distributions alimentaires générales du PAM (Programme Alimentaire Mondial) ont donc été interrompues pour laisser place à des interventions monétarisées de grande ampleur. Or, malgré l’existence d’un certain nombre de systèmes de coordination sur ce type d’approches (CaLP [1] ou clusters), l’analyse des marchés et l’évaluation des effets de ces interventions n’ont été que peu abordées, à tout le moins à un niveau global. Des systèmes de suivi des marchés ont en effet pu être localement mis en place par les organisations impliquées dans des activités de transferts monétaires, mais sans offrir une lecture d’ensemble. L’économie des ménages urbains de la région métropolitaine a de même été peu étudiée au cours de ces deux dernières années. Il est de ce fait difficile aujourd’hui d’appréhender les questions relatives aux capacités des ménages à faire face à leurs dépenses domestiques (alimentation, eau, loyer, santé, éducation…) et surtout des dynamiques qui permettent de s’extraire de la précarité. Le marché du travail non qualifié de la région métropolitaine demeure insuffisamment analysé, ce qui se traduit par une méconnaissance des facteurs de vulnérabilité socioéconomique et conduit à un soutien souvent plutôt orienté vers l’auto-emploi que l’entreprenariat.


[1] Cash Learning Partnership