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Les programmes monétaires au centre de la réponse à la catastrophe urbaine en Haïti : leçons apprises
Domitille KAUFFMANN

Dans la phase de transition, il semble aujourd’hui essentiel de tirer des enseignements et diffuser les leçons apprises et bonnes pratiques issues de la réponse humanitaire au séisme en Haïti, et notamment sur la réponse « Cash » qui a été au cœur de la réponse urbaine. Ces leçons doivent permettre à la fois de nourrir les nouveaux programmes nationaux qui se mettent en place en Haïti, notamment les initiatives pour les populations les plus vulnérables et les programmes de protection sociale, mais aussi les plans de contingence et de réponse qui se réfléchissent pour faire face aux risques de nouvelles catastrophes.

Plusieurs modalités d’interventions monétaires

Le séisme du 12 janvier 2010 a touché de plein fouet la capitale Port-au-Prince et les zones avoisinantes. Dans ces contextes urbanisés, les populations dépendent essentiellement du marché pour leurs besoins alimentaires et non alimentaires. Ils ont aussi généralement à payer pour leurs besoins de base comme l’eau, le combustible de cuisson et pour l’accès à des services comme la santé, l’éducation, le transport. Pour répondre à l’ampleur des besoins humanitaires dans ce contexte d’économie urbaine en grande partie monétisée [1], l’aide alimentaire classique a vite montré ses limites et les organisations humanitaires ont rapidement opté dès le mois de janvier 2010 pour des programmes de transfert d’argent alors que les études préliminaires sur les marchés à Port-au-Prince avaient montré que, bien que durement touchés par le tremblement de terre, les marchés avaient le potentiel pour répondre aux besoins des communautés affectées par la catastrophe [2] . Fin mars 2010, ces programmes ont pris une nouvelle ampleur quand le gouvernement haïtien a demandé officiellement l’arrêt de toutes les distributions alimentaires et la mise en œuvre d’un programme national d’Argent-Contre-Travail (ou Cash-For-Work - CFW). La réponse au séisme s’est ainsi articulée autour d’interventions monétarisées mises en œuvre suivant différentes modalités : programmes d’argent contre travail [3] mais aussi distribution de coupons (alimentaires ou non-alimentaires), et dons directs d’argent (conditionnés ou non).

Couverture d’une diversité de besoins

Ces programmes monétaires ont permis de répondre à une grande variété de besoins au niveau des ménages impliquant plusieurs secteurs (sécurité alimentaire, logement, recapitalisation, articles non alimentaires, remboursement de la dette liée aux moyens de subsistance, éducation, etc.). En particulier, l’ONG Christian Aid a analysé que les bénéficiaires de leurs programmes de dons directs non-conditionnés ont utilisé 41% de l’argent distribué pour des soins de santé, l’éducation, le paiement de loyers, le remboursement de dettes ou pour relancer leurs petites commerces. Elle souligne que ceci n’aurait pas été possible avec une aide en nature ou sous la forme de coupons [4] .


[1] Les urbains restent en partie dépendants des transferts alimentaires de leur famille vivant en milieu rural et les échanges non monétaires ne sont donc pas négligeables.

[2] Etude Emergency Market Mapping and Analysis(EMMA) de février 2010

[3] Les projets CFW auraient eu au moins 500 000 bénéficiaires sur l’année 2010.

[4] Christian Aid, Humanitarian Briefing Paper - Haiti : unconditional cash transfers - lessons learnt.