Accueil | Publications | Humanitaires en mouvement | Humanitaires en mouvement n°19 | Localisation : passer des engagements à la mise en œuvre

La revue du Groupe URD

Outils et méthodes

Quality & Accountability COMPAS COMPAS Qualité & Redevabilité
CHS Norme humanitaire fondamentale (CHS)
Pictogrammme Sigmah Logiciel Sigmah
Pictogrammme Reaching Resilience

Reaching Resilience
Pictogrammme brochure Formation Environnement
Pictogrammme brochure Manuel participation
Pictogrammme globe terrestre "Mission Qualité"
Pictogrammme PRECIS Humatem Méthode PRECIS

Humanitaires en mouvement n°19, numéro spécial "Localisation de l’aide "

Localisation : passer des engagements à la mise en œuvre
Kirsten Hagon

Mots-clés: Point de vue /

Dans le cadre du Grand Bargain, bailleurs et acteurs humanitaires internationaux (agences des Nations unies, ONG, FICR et CICR) ont reconnu que :

Les intervenants nationaux et locaux, qui comprennent les gouvernements, les communautés, les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et la société civile locale, sont souvent les premiers à répondre aux crises et demeurent auprès des communautés qu’ils assistent avant, après et durant les urgences.

Ils se sont également engagés à…

Rendre l’action humanitaire, dans le respect de ses principes fondateurs, aussi locale que possible et aussi internationale que nécessaire en reconnaissant que les acteurs humanitaires internationaux jouent un rôle vital, en particulier dans les situations de conflit armé. [Ils s’engagent] aux côtés des intervenants locaux et nationaux dans un esprit de partenariat et cherchent à renforcer les capacités locales et nationales plutôt qu’à les remplacer.

Il convient donc à présent d’apporter des changements significatifs (mais pas insurmontables) à la manière dont nous travaillons tous, afin d’aligner la pratique sur la rhétorique.

 La localisation, mais pourquoi ?

Les acteurs locaux et nationaux sont cruciaux dans une réponse humanitaire. Ils sont sur place avant l’arrivée de tous les acteurs internationaux et longtemps après que ces derniers ne partent. L’action locale n’est pas un « supplément d’âme » pour une opération d’urgence ou une considération de deuxième ordre en matière d’aide humanitaire : c’est un outil clé pour les actions qui sauvent des vies et même plus encore, pour prévenir des crises là où cela est possible. La réalité est la suivante : la grande majorité des crises ne reçoivent aucun soutien ou aucune attention international(e). Dans ces situations, les actions locales menées par des acteurs locaux, ancrées dans la communauté et composées de membres de celle-ci, sauvent des vies et aident les personnes à préparer et reconstruire, encore et encore. Dans les crises qui reçoivent au contraire soutien et attention de la part de la communauté internationale, l’assistance est souvent « étiquetée » comme internationale, mais ce sont en réalité les acteurs locaux et nationaux qui font le travail.

L’action humanitaire locale est au cœur du modèle de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de l’action humanitaire. Les volontaires des Sociétés nationales sont présents dans les communautés du monde entier, travaillant au sein de la communauté pour la communauté, avant, durant et après les crises. La FICR a été mise en place pour soutenir, coordonner et représenter ces acteurs. C’est pour cette raison que nous avons endossé le rôle, aux côtés du gouvernement suisse, de co-président du Groupe de travail du Grand Bargain sur l’amélioration du soutien et des outils de financement aux intervenants locaux et nationaux.

Sur le plan théorique, la communauté humanitaire internationale a reconnu depuis longtemps les avantages comparatifs spécifiques des acteurs humanitaires locaux tout en reconnaissant dans le même temps la valeur complémentaire des acteurs internationaux. Il est ainsi largement admis que les acteurs locaux sont rapides parce qu’ils sont proches de la crise, qu’ils ont souvent accès à des zones qu’aucun acteur international ne peut atteindre et qu’ils ont une excellente compréhension de la situation locale, ainsi que de la vie politique et de la culture. Nous savons également que les acteurs locaux sont bien placés pour faire le lien entre préparation, réponse et relèvement à long terme, c’est-à-dire faire de la résilience une réalité. Les avantages liés au fait de soutenir et renforcer les capacités locales, plutôt que de les tenir à l’écart, sont reconnus dans beaucoup de nos textes normatifs fondamentaux et lignes directrices, depuis la Résolution 46/182 (1991) de l’Assemblée générale des Nations unies jusqu’au Code de conduite CR/CR ONG de 1994, en passant par les Principes de la Good Humanitarian Donorship de 2003.