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Humanitaires en mouvement n°17, N° spécial " Sommet humanitaire mondial "

Messages clés de la Conférence nationale humanitaire française

La Conférence nationale humanitaire a réuni à Paris plus de 400 participants d’horizons divers, français mais aussi internationaux, sur le thème « Quels rôles à venir pour les acteurs humanitaires internationaux dans l’architecture de l’aide ? ». Ces messages clés synthétisant l’essence des débats de cette journée constituent l’une des contributions des acteurs français au Sommet humanitaire mondial.

Dans très exactement 3 mois, les 23 et 24 mai 2016, se tiendra le premier Sommet Humanitaire Mondial, convoqué par le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki Moon, pour refonder un partenariat international en faveur de l’action humanitaire. L’actualité nous prouve combien cette initiative est essentielle.

La 3ème Conférence nationale humanitaire (CNH) a débattu les idées proposées dans le rapport du Secrétaire Général [1] et abouti à :

  • Un constat d’une situation très préoccupante quant à la situation de millions de victimes sur la planète et des perspectives d’avenir tout aussi inquiétantes ;
  • Une analyse du secteur humanitaire contrastée, avec à la fois de grandes avancées au cours des dernières décennies mais aussi le constat d’un système qui atteint ses limites en termes de capacités ;
  • Des propositions pour la consolidation d’un « écosystème humanitaire diversifié, centré sur les populations et structuré par les principes humanitaires », permettant de mieux répondre aux besoins actuels et de se préparer à relever les défis du futur.

 Accord sur le constat de la gravité de la situation actuelle

Une réelle augmentation du nombre, de la durée et de la complexité des crises :

  • Le nombre de conflits et d’attaques sur les populations civiles est en augmentation constante ;
  • Certains conflits perdurent dans le temps et créent des situations intenables pour les populations ;
  • Les impacts du changement climatique conduisent à une augmentation des stress sur des systèmes déjà fragiles (exemple du Sahel, des îles d’Océanie, de Madagascar, du Cône andin) et des évènements climatiques extrêmes ;
  • Les catastrophes naturelles ont un impact direct sur les populations les plus vulnérables et les plus exposées.

Cette situation qui est avant tout d’origine politique, notamment pour les crises sécuritaires, appelle alors une réponse qui ne peut être que politique. Or nous constatons une vraie difficulté à prévenir les crises politiques ou à y mettre fin, comme l’atteste la situation en Syrie, plusieurs fois mentionnée.

Cela soulève de nombreux problèmes :

  • La souveraineté des États est trop souvent invoquée pour couvrir des atteintes graves à la dignité des individus ou pour entraver l’aide ;
  • Le non-respect du droit international humanitaire (DIH), pourtant inacceptable, se multiplie dans de nombreux contextes à l’encontre des populations et des acteurs humanitaires, avec parfois le développement d’une forme d’impunité des responsables ;
  • Le bilan de la gouvernance mondiale pour la sécurité internationale est mitigé ; certains s’interrogent sur les capacités du système des Nations Unies à prévenir et mettre fin aux conflits ;
  • En ce qui concerne les crises d’origines dites naturelles, nous assistons à la fois à une prise de conscience et une réaction trop lentes, face à la gravité du changement climatique et des impacts à venir.

Ces situations conduisent à une croissance et une complexification des besoins humanitaires, caractérisées par :

  • Des déplacements massifs de populations, dont certains aujourd’hui vers l’Europe ;
  • Des crises qui s’installent dans la durée et qui ont un impact sur des générations entières, avec notamment des conséquences psychosociales importantes sur les plus jeunes ;
  • Des sociétés touchées dans lesquelles les populations avaient accès à des niveaux de vie et d’éducation élevés, ce qui induit d’autres demandes et d’autres besoins rendant inadaptées les aides humanitaires classiques ;
  • Des problèmes d’insécurité et d’accès aux populations ;
  • Une détérioration de la situation pour des millions de personnes prises au piège des conflits.

[1] One Humanity : Shared Responsibility, Report of the Secretary-General for the World Humanitarian Summit, United Nations, février 2016, 64 p.