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Humanitaires en mouvement n°10, N° spécial " Sahel "

Messages clés de la conférence "Crise alimentaire en bande sahélienne"
François Grünewald

Alors que la réponse humanitaire à la crise alimentaire au Sahel se met en place, il a semblé utile de remettre à la disposition des acteurs les leçons tirées des précédentes crises. Impliqué de longue date dans la sous-région où il a réalisé de nombreuses évaluations, et présent au Tchad de 2009 à 2012 dans le cadre de son Observatoire des pratiques de l’aide (projet OPAT financé par la DG ECHO), le Groupe URD a mis à contribution son expertise en organisant une conférence sur la crise alimentaire au Sahel, avec un appui financier de la FAO. Cet évènement a réunit plus de 120 acteurs nationaux et internationaux : ministères tchadiens, agences des Nations unies, ONG nationales et internationales, etc. L’analyse régionale, (notamment à travers des présentations sur le Niger, le Mali ou le Burkina Faso) et l’approfondissement des réflexions plurisectorielles sur le Tchad (alertes précoce, pastoralisme, résilience, nutrition, etc.) ont permis de faire ressortir un certain nombre de messages clés.

 Perspective historique : 40 années de crise au Sahel

L’analyse des réponses aux crises du Sahel depuis la grande sécheresse de 1973-75 a montré combien les mécanismes de réponses avaient évolué :

  • Les mécanismes étatiques des Offices céréaliers ont été progressivement démantelés dans le cadre des politiques d’ajustement structurel qui ont également affaibli les systèmes de recherche agronomique pour les zones arides. L’emprise des mécanismes de marché sur les flux céréaliers a à la fois facilité les flux de produits et accentué l’émergence de la spéculation.
  • L’aide alimentaire internationale s’est souvent avérée être le seul dispositif d’accès à des quantités significatives de stock d’urgence. Mais les effets négatifs de cette aide ont également été de plus en plus flagrants : déstabilisation des marchés, création de dépendances, mécanismes de distribution de l’aide induisant la création de camps de déplacés et des processus de villagisation, etc. Cette aide alimentaire classique a progressivement évolué : émergence des systèmes vivres-contre-travail, renforcement du soutien à la relance agricole, appui aux mécanismes liés aux marchés (déstockage), etc. A partir du milieu des années 2000, les systèmes d’assistance basés sur des transferts financiers sous des formes diverses se sont multipliés, modifiant profondément certains des paradigmes de l’aide.
  • Les systèmes d’alerte précoce, basés sur la collecte des données agro-météorologiques et des prix des marchés, ont été multipliés dans la sous-région. Ils ont été progressivement complétés par l’utilisation d’imageries satellitaires portées par des systèmes d’analyse de plus en plus performants (NOAA, FEWSNET).
  • Un certain nombre d’acteurs de développement, comme la FAO, se sont dotés d’outils de réponse aux crises. La réponse aux crises au Sahel a aussi fortement bénéficié de l’augmentation importante du nombre d’acteurs humanitaires depuis le début des années 1990, ce qui n’est pas sans poser de questions de coordination et de cohérence des interventions.
  • De leur côté, les acteurs nationaux, étatiques et de la société civile, se sont renforcés et demandent de façon de plus en plus explicite à être au cœur des dispositifs de réponse.
  • Depuis les années 90, le défi démographique, l’urbanisation et l’accélération du rythme d’apparition des crises agro-climatiques ont accentué la vulnérabilité globale de l’ensemble de la bande Sud du Sahara. La résilience des communautés agro-pastorales et pastorales s’en est trouvée fortement abrasée.

C’est face à cette rétrospective que les points les plus saillants de la conférence « Crise alimentaire en bande sahélienne : leçons tirées des précédentes réponses humanitaires et perspectives face aux défis à venir » ont été mis en relief.