La revue du Groupe URD

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Réalisation d’un projet de micro-zonage dans la région métropolitaine de Port-au-Prince

Le projet de micro-zonage, commandité par le Ministère de la Planification et de la Coopération externe, constitue une évaluation minutieuse de la typologie des sols dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Il doit s’étendre sur environ 80 km2, allant de Martissant à la rivière Grise, de la Croix-des-Bouquets ; du bord de mer à Kenskoff (dans les hauteurs). Il vise à présenter une cartographie à grande échelle de cet espace selon la capacité des sols par rapport aux différents risques connus : d’inondations aux aléas sismiques. Cette étude vise aussi à prévenir les effets de sites d’éventuels séismes, en étudiant les propriétés physiques des différentes couches des milieux géologiques. De manière plus globale, les recherches vont permettre d’identifier avec plus de précisions les différentes failles ainsi que leurs mouvements en vue d’une meilleure prévention. Le projet est en train d’être exécuté par le Laboratoire national des Bâtiments et des Travaux publics (LNBTP), le Bureau des Mines et de l’Énergie (BME), le Centre national d’Informations géo-spatiales (CNIGS) et le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM, France).

Après la région métropolitaine, dans 18 mois, d’autres villes à haut risque (Cap-Haïtien, Fort-Liberté et Port-de-Paix) seront abordées dans ce projet, dans sa deuxième phase projetée sur trois ans.

La carte des risques et des vulnérabilités qui va sortir de ce projet n’est pas un préalable à la reconstruction, reconnaît un des responsables d’une institution très impliquée dans la réalisation du projet. Beaucoup de travaux de reconstruction de bâtiments publics comme non-publics sont en cours alors même que ce projet est à ses premiers débuts. On se base peut-être sur d’autres travaux d’expertise des sols. En effet, il y a déjà une carte réalisée à partir d’un projet de macro-zonage de la région métropolitaine, par l’équipe du Professeur Rathje de l’Université du Texas, avec le LNBTP et le BME, en 2010, qui présente une évaluation plus générale du comportement sismique de la région métropolitaine. Le projet 16/6 (16 quartiers/6 camps) a aussi un volet d’estimation des vulnérabilités des quartiers à Port-au-Prince.

Cette carte va constituer un excellent document d’urbanisme pour aider à prendre les décisions dans le futur. Mais, seuls les politiques sont en mesure de savoir si elle va être utilisée réellement. Bon nombre de recherches importantes ont été réalisées sur des thématiques fondamentales mais sont restées dans les tiroirs. Incapables de les appliquer, les autorités lancent souvent de nouvelles études ou de colloques, parce qu’il est plus facile de parler que de réaliser, entre autres. Qu’est-ce qu’on a fait du plan d’aménagement du territoire de 1982 ? On ne fait que se plaindre de ne pas en avoir, alors que ledit plan, réalisé par l’État haïtien, était projeté sur 25 ans.

Les inquiétudes demeurent donc. Est-ce qu’on va produire un nouveau plan sur la base de cette carte ? Est-ce qu’on va insérer et accorder les visions des uns et les actions des autres dans les limites des restrictions qui vont être formulées par les études ? Est-ce qu’on va renforcer les mécanismes d’application et de suivi en renforçant les structures territoriales ?

Des réponses ? Nous n’en avons pas, mais nous aurons des occasions d’énoncer des hypothèses.