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Tsunami, il y a déjà 10 ans

Le 26 décembre 2004, eut lieu, au large de l’île indonésienne de Sumatra, un séisme sous-marin d’une magnitude de neuf degrés sur l’échelle ouverte de Richter. Il était alors environ huit heures du matin à Jakarta et Bangkok. Dès le lendemain, le Groupe URD s’est mobilisé en mettant sur son site Internet un premier compendium des leçons tirées des grandes catastrophes précédentes (ouragan Mitch, tremblements de terre au Salvador et en Afghanistan, etc.) ; puis en se mobilisant sur plus de 5 évaluations et recherches majeures réparties de 3 mois après le tsunami jusqu’à 4 ans après le passage de la vague.

Ce séisme, déclaré l’un des plus violents jamais enregistrés dans le monde [1] , a provoqué un raz-de-marée d’une violence exceptionnelle qui a frappé les côtes depuis l’Asie du Sud et du Sud-Est jusqu’à l’Afrique de l’Est. Treize pays ont été officiellement touchés - l’Indonésie, le Sri Lanka, l’Inde, la Thaïlande, la Somalie, la Birmanie, les Maldives, la Malaisie, la Tanzanie, le Seychelles, le Bangladesh, le Kenya, la Réunion - avec un bilan en pertes de vie humaine estimé à 297.000 morts et disparus.

Fort heureusement, une immense solidarité s’est immédiatement mise en place à l’échelle mondiale, à la hauteur de l’émotion générée par l’événement : solidarité bruyante, presque spectaculaire. Envahissante peut-être même au point que l’Inde, avec pas moins de 15.000 morts (essentiellement sur les côtes du Tamil Nadu et de Pondichéry), troisième pays le plus touché par le tsunami, après l’Indonésie et le Sri Lanka, en est venu à dire de façon explicite ‘Non merci !’ à l’aide humanitaire internationale. Cela signifie-t-il que l’aide d’urgence pose un problème particulier ? Pourquoi l’Inde la refuse-t-elle ? Quel est alors le sens de l’acharnement des Occidentaux à rivaliser de millions ? Comment analyser cela quand le gouvernement des Philippines, après la réponse massive au Cyclone Haiyan, a également déclaré « Plus jamais ça ! » ?

L’analyse du double déferlement, à la fois médiatique et pécuniaire, et les travaux d’évaluation qui ont suivi ont-ils permis d’améliorer la qualité de l’aide ? Dans un sens, oui, car ils ont fait apparaître l’importance de la coordination, de la qualité des diagnostics et des dangers de l’ultra-médiatisation. Ils ont aussi fait apparaître les difficultés permanentes dans le secteur de la reconstruction de l’habitat, de la relation avec les institutions nationales et de la compétition entre agences de l’aide.

Plusieurs acquis sont néanmoins importants : la réforme humanitaire lancée par les Nations unies a tenté d’améliorer la coordination. Le rôle des systèmes nationaux et des stratégies de prévention des risques a été au cœur de la négociation de Kobé qui a permis de définir le Cadre d’Action de Hyogo pour des sociétés plus résilientes. Enfin, la mise en place de systèmes de veille Tsunami sur l’ensemble de l’océan Indien, le renforcement des mécanismes communautaires de préparation aux risques et la multiplication des exercices de réponse dans toute la zone ont permis un réel renforcement de la capacité à faire face aux dangers inhérents à la sismicité active de toute la zone autour des failles de l’arc Arakan-Sumatra-Java jusqu’aux confins de l’océan indien.

[1] Données de l’Institut géologique américain