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Une nouvelle approche pour réduire les impacts négatifs de l’aide : l’achat éthique de services de fret aérien

 Introduction

Ces vingt dernières années d’aide humanitaire ont nourri une réflexion plus étendue sur son impact. Les publications de lignes directrices telles que Do No Harm en 1999, le rapport de Transparency Internatianal « Preventing Corruption in Humanitarian Assistance », et le projet du conflict-sensitive consortium lancé en 2008 soulignent l’effet des opérations humanitaires sur le contexte politique, économique et social des zones dans lesquelles elles sont mises en œuvre [1]. Cependant, ces études mettent principalement en évidence des problèmes qui apparaissent une fois l’aide distribuée et accordent mois d’attention aux problématiques plus larges associées à l’acheminement de l’aide en lui-même. Une réflexion plus poussée sur le transport de l’aide se révèle nécessaire.

L’acheminement de l’aide par voie aérienne coûte chaque année des millions de dollars mais, jusqu’à présent, peu d’attention a été prêtée aux risques potentiels d’accorder des contrats de transport aérien à des compagnies qui contribuent à la perpétuation des conflits responsables des impacts dévastateurs auxquelles les agences d’aide humanitaire essayent de répondre. L’implication des compagnies aériennes dans le trafic d’armes et le transport d’autres marchandises déstabilisantes (telles que les narcotiques ou les minéraux sensibles aux conflits) aide à alimenter et à prolonger le conflit. Les logisticiens de l’aide humanitaire ont depuis longtemps reconnu ce problème mais la nécessité de répondre rapidement à l’urgence avec des budgets limités et du personnel composé de non-spécialistes implique que des évaluations minutieuses des risques sont rarement mises en œuvre. Cette problématique a rarement été discutée au niveau de la politique générale des agences d’aide humanitaire et a stagné au niveau des départements logistiques.


[1] Le Conflict Sensitivity Consortium promeut le concept de la sensibilité aux conflits définie comme étant « … l’habilité de l’organisation de : comprendre le contexte dans lequel elle opère ; comprendre l’interaction entre l’intervention et le contexte ; et agir en fonction de cette compréhension, afin d’éviter les impacts négatifs et maximiser les impacts positifs. » [Traduction de l’auteur] Conflict Sensitivity Consortium, Conflict sensitive approaches to development, humanitarian assistance and peacebuilding, 2004, Chapter 1, p.1, accessible sur http://www.conflictsensitivity.org/publications/conflict-sensitive-approaches-development-humanitarian-assistance-and-peacebuilding-res