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La revue du Groupe URD

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Vers une plateforme collective pour le financement des projets lors de crises humanitaires : pistes de réflexion et d’action
Véronique de Geoffroy - Laure Pons

Les catastrophes naturelles de grande ampleur, comme le Tsunami en Indonésie et le récent séisme en Haïti, ont montré qu’une forte médiatisation des crises entraîne une mobilisation du public et des collectes de fonds privés très importantes. Alors que dans plusieurs pays européens on assiste à une multiplication des plateformes de financements non-étatiques pour gérer les fonds collectés, aucun modèle ne semble faire l’unanimité en France. Et si aucune réflexion n’a été construite en amont des crises quant à la gestion de ces fonds, de vives polémiques naissent, semant une confusion générale au sein de l’opinion publique et des média. La présente étude compare les divers mécanismes existants en Europe, afin d’identifier les bonnes pratiques mais aussi les risques qu’ils comportent, dans l’optique d’impulser une réflexion sur la création d’un éventuel mécanisme « à la française ».

Au niveau international, les dons du secteur privé (organisations et individus confondus) ont atteint des montants exceptionnels : 3,6 milliards d’euros en 2005 pour le Tsunami et près de 780 millions d’euros en réponse au séisme en Haïti.
La France n’est pas restée en marge de ce phénomène et, lors du tremblement de terre en Haïti, la Fondation de France (FDF) – organisation la plus visible à travers les média publics – a collecté 31,4 millions d’euros auprès du grand public. Si la collecte a atteint des sommes hors normes, la redistribution de celles-ci aux ONG ne s’est pas fait sans heurts. La question de l’accès aux media (et le quasi-monopole de la FDF auprès des media publics), des critères de redistribution et de sélection des projets, de la répartition entre aide d’urgence et reconstruction, ainsi que les mécanismes de suivi et de restitution sont autant de sujets qui restent à clarifier.

Média public, ONG et grand public apparaissent comme les trois acteurs clefs de la problématique des mécanismes de financements collectifs ayant chacun des besoins qui leurs sont propres. Ainsi, quelle que soit la nature et la stratégie des plateformes de financements, celles-ci se doivent de prendre pleinement en compte ces divers acteurs.

En France, n’ayant à l’heure actuelle aucun mécanisme faisant l’unanimité au sein de la sphère humanitaire, la survenue de crises d’une telle ampleur suscite de nombreuses polémiques. Il semble dès lors nécessaire, au vue de la multiplication de ces phénomènes et de l’ampleur de l’enjeu des financements privés, de se questionner sur les bonnes pratiques des plateformes non-étatiques avant de réfléchir à créer une telle structure.