Accueil | Publications | Humanitaires en mouvement | Humanitaires en mouvement n°16 | Vers une relocalisation de la réponse humanitaire : le cas du Soudan du Sud

La revue du Groupe URD

Outils et méthodes

CHS Norme humanitaire fondamentale (CHS)
Pictogrammme Sigmah Logiciel Sigmah
Pictogrammme Reaching Resilience

Reaching Resilience
Pictogrammme brochure Formation Environnement
Pictogrammme brochure Manuel participation
Pictogrammme COMPAS Méthode COMPAS
Pictogrammme globe terrestre "Mission Qualité"
Pictogrammme PRECIS Humatem Méthode PRECIS

Vers une relocalisation de la réponse humanitaire : le cas du Soudan du Sud
Henri Nzeyimana

L’analyse de l’étude de cas du Soudan du Sud révèle que la question de l’assistance humanitaire depuis l’Opération survie Soudan en 1989 n’a pas réussi à traduire le discours sur les capacités nationales en actes concrets. Ce fossé entre la théorie et la réalité s’explique principalement par le fait qu’au Soudan du Sud, la question humanitaire relève bien plus d’un problème de développement et trouve ses racines dans une gouvernance locale insuffisante et une assistance internationale mal ciblée.

Après la courte période de paix et de fierté nationale qui a suivi l’accord de paix global au Soudan en 2005 et la déclaration d’indépendance du 9 juillet 2011, le Soudan du Sud a de nouveau replongé dans le conflit le 15 décembre 2013.

Les publications récentes sur la réponse humanitaire au Soudan du Sud indiquent une tension croissante entre le gouvernement et la communauté humanitaire ainsi qu’un mécontentement au sein des ONG locales et nationales quant au niveau de leur participation dans la réponse en cours (Nicki Bennett, 2013).

On constate actuellement un ressentiment croissant au Soudan du Sud à l’encontre des travailleurs étrangers. En septembre 2014, le ministre du Travail du Soudan du Sud a publié une directive demandant l’expulsion des ressortissants étrangers travaillant avec des ONG et des entreprises privées d’ici la mi-octobre pour qu’ils soient remplacés par des Soudanais du Sud avant de la retirer suite à une forte désapprobation au sein de la communauté humanitaire (BBC, 16 septembre 2014).

Selon le document d’information des organisations de la société civile nationale du Soudan du Sud, publié pour la Conférence des donateurs d’Oslo en 2014, ces organisations ne sont pas suffisamment représentées dans la réponse humanitaire malgré l’avantage comparatif de leur présence, de leur proximité avec les populations affectées et de leur rapport coût-efficacité impliqué par leur bas coût et leur rapide disponibilité : « […] les organisations de la société civile nationale du Soudan du Sud offrent un avantage unique qui fait d’elles des opérateurs de l’urgence et de la réponse humanitaire plus rapides et moins chers. […] Les ONG nationales ont un grand esprit de volontariat et de faibles demandes au niveau logistique, ce qui démontre un bon rapport coût-efficacité en tant qu’opérateurs de la réponse humanitaire. » (South Sudanese National CSO Position Paper, May 2014, p. 2)

Les critiques portant sur les initiatives humanitaires passées au Soudan du Sud (Volker Riehl, 2001 ; Bennett, J. et al., 2010 ; Humanitarian Practice Network, 2013 et Daniel Maxwell, 2014) pointent l’échec des acteurs humanitaires en matière de développement des capacités locales mais aussi pour élaborer une réponse humanitaire à partir de besoins identifiés. Ces critiques concernent en outre le modèle d’intervention, qui a priorisé les réponses à court terme au détriment des appuis à long terme en faveur des institutions de l’État et des structures de la société civile ainsi que du renforcement des moyens de subsistance des communautés pour améliorer leur résilience et leurs mécanismes de survie.