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La revue du Groupe URD

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Humanitaires en mouvement n°8, N° spécial " Villes et crises "

A Port-au-Prince, Freetown, Charikar ou Oulan Bator, des programmes humanitaires à adapter aux vulnérabilités urbaines
Nicolas Villeminot

Les interventions en milieu urbain d’Action Contre la Faim lui imposent de réviser ses modes opératoires. La ville bâtie, sa population, et ses représentants locaux sont autant de facteurs entremêlés à prendre en compte. L’organisation a une plus-value à apporter dans des programmes tant de réponse d’urgence aux crises que de développement à long terme : elle continue à évoluer, à s’adapter, et à se questionner pour obtenir la même légitimité dans les villes que dans les contextes ruraux et de camps qui ont forgé sa réputation de qualité.

Le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti a agi comme un révélateur de la confrontation des humanitaires modernes avec le contexte urbain. Port-au-Prince ravagé, la population haïtienne hébétée. Le gouvernement, la Protection Civile Haïtienne, les Nations unies et les organisations humanitaires comptent au rang des victimes. L’aide humanitaire internationale s’emballe alors [1], la générosité internationale suit. Mais des difficultés s’accumulent rapidement, contraintes inédites, ou tout le moins exacerbées par une situation d’une ampleur encore jamais atteinte : approvisionnement de la ville, risques du bâti, conflits fonciers, techniques et moyens inadaptés, évacuation des gravats, problématique des déchets, tissu social dégradé, violences dans les camps, manque d’intégration des représentants et associations locales, lieux symboliques, lenteur des décisions, etc.

Si l’ampleur de la crise que traverse Port-au-Prince est sans comparaison avec les autres crises auxquelles Action Contre la Faim (ACF) et les organisations humanitaires ont pu répondre dans les dernières décennies, il convient cependant de noter que ce n’est pas la première fois que l’urbain était à l’ordre du jour. Ainsi, ACF intervient en milieu urbain dans de nombreux contextes et bon nombre des questionnements soulevés en Haïti trouvent un écho dans les programmes d’urgence, de post-crise ou de développement menés par l’association.

L’expérience d’ACF en milieu urbain s’est construite au travers de catastrophes ou d’opportunités de programmes ici ou là, souvent sans réelle continuité. Ces petites touches ont été peu documentées par les humanitaires au fil de leur histoire et des 3 décennies d’activité d’ACF, surtout par rapport aux nombreux ouvrages sur les campagnes et les camps de déplacés. Mais l’organisation est aujourd’hui dans une dynamique volontaire de développer une stratégie opérationnelle pour améliorer son action en milieu urbain, nécessitant des nouvelles approches techniques et sociales. Au point de soulever des débats associatifs quant au positionnement de l’organisation entre rural et urbain. Car depuis 2009, il est admis que plus de la moitié de la population mondiale réside désormais en ville, et que cette tendance en défaveur des campagnes continuera à se poursuivre inexorablement.

Dans le cadre de ses programmes de lutte contre la Faim, les domaines d’expertise d’ACF sont : la nutrition, la Sécurité Alimentaire et les Moyens de Subsistance, l’Eau, l’Assainissement et l’Hygiène, et enfin la Santé Mentale et les Pratiques de Soin. Si, à Port-au-Prince, ACF a réussi à développer l’intégralité de son champ d’action pour soutenir les populations affectées, c’est assez souvent à travers des programmes d’accès à l’eau ou à l’assainissement que l’expérience d’ACF se construit en milieu urbain.


[1] Le « Flash Appeal Haiti 2010 » suite au séisme regroupait la plus importante demande de financements pour une crise humanitaire, 1.5 milliards de USD, dépassant les demandes suite au tsumani de l’Océan Indien du 26/12/2004.