Le Groupe URD est en cours d’investigation et d’analyse de l’évolution de la situation à Mazar-e-Sharif depuis le début du processus de reconstruction.
Ville majeure au nord de l’Afghanistan accessible depuis Kaboul par le Tunnel du Salang, Mazar-e-Sharif a été construit dans les hautes montagnes de l’Hindou Koush à près de 4000 m d’altitude il y a une trentaine d’année par les soviétiques pour désenclaver la province Nord de Balkh vers le sud. Cette ville joue un rôle d’importance régionale dans les équilibres nationaux. Non loin des pays frontaliers du Nord, la capitale provinciale a des relations linguistiques, culturelles et économiques privilégiées avec l’Ouzbékistan que le gouvernement central de Kaboul a toujours tenté de limiter et contrôler. Par ailleurs, la ville représente un lieu sacré, attirant nombre de pèlerins par la présence en son centre d’une très grande mosquée bleue. Enfin depuis les deux - trois dernières décennies de guerre, du fait de sa situation un peu à l’écart des conflits de Kaboul et du sud du pays, Mazar e-Sharif a attiré et continue d’attirer en 2008 de très nombreux réfugiés, de retour d’exil d’Iran comme du Pakistan.
Dans cette phase de reconstruction, les problèmes auxquels la ville a à faire face ne sont pas tant dû aux effets directs des conflits, tels que les destructions, qu’aux déstructurations urbaines internes mais aussi rurales en périphérie, effets de l’afflux des réfugiés, qui s’installent dans la ville ou au plus près.
Situation comparable à Kaboul avec près de 70% d’occupations informelles et/ou illégales, Mazar-e Sharif doit absorber ces populations et amorcer une phase de restructuration urbaine profonde. Les résistances et blocages sont nombreux (fonciers bloqués ou indisponibles juridiquement parlant, infrastructures d’approvisionnement d’eau insuffisantes, drainages- évacuations-collecte de déchets inexistants, compétences en planification urbaine dépassées etc.).
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