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Accueil - Le Groupe URD en Afghanistan - Les Activités - Recherche - Le Projet Kaïfiat

Dans le contexte afghan, les enjeux de consolidation de la paix sont étroitement liés à l’amélioration des conditions de vie des populations. L’approche strictement basée sur une intervention militaire a montré ses limites et les populations éprouvent le besoin de voir se concrétiser les « dividendes de la paix ». L’objet du projet consiste en l’amélioration de la qualité des interventions des acteurs internationaux et nationaux, afin de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Le projet KAIFIAT (qui signifie QUALITE en dari) s’inscrit dans la continuité des activités développées au sein du projet LRDD (Linking Relief Rehabilitation and Development) mené par le Groupe URD de 2004 à 2007. Il est financé par le MAE français (MAIIONG) et a débuté en mars 2007 pour une période d’un an renouvelable.

Le projet Kaifiat a pour objectif le renforcement des capacités d’analyse et d’intervention des acteurs, et la capitalisation d’expériences pour l’amélioration de la qualité du service rendu aux populations afghanes.
Ce projet vise à (i) renforcer les capacités des acteurs pour l’analyse, la conception, la mise en œuvre et le suivi des projets; (ii) mettre en place une plateforme d’apprentissage collectif grâce à un partage d’expériences, de bonnes pratiques et de capitalisation.
Sur la base d’une forte interactivité (élaboration de la demande, soutien logistique, participation aux formations et aux expérimentations méthodologiques, etc.), l’objectif est de travailler avec : des ONG françaises (Solidarités, MADERA, GERES) et internationales (Afghan Aid, Oxfam, Concern) implantées en Afghanistan, des ONG Afghanes (CCA, NPO-RRAA), des ministères afghans (ministères de la réhabilitation et du développement rural, de l’agriculture, de l’eau et de l’énergie, de la santé, etc.), des agences des Nations Unies (UNAMA, PAM, FAO), des bailleurs (ambassade de France, SDC, Délégation de la Commission Européenne à Kabul ainsi que le bureau d’ECHO en Afghanistan), etc.

Dans la droite ligne du mandat du Groupe URD et de son approche méthodologique basée sur le cycle de l’apprentissage, le projet KAIFIAT propose des travaux de recherche, d’évaluation et de formation.

Plusieurs types d’activités ont été réalisés ou sont en cours :

Projets de recherche / Appuis méthodologiques

- Diagnostic du secteur horticole dans les provinces de Kunar et Laghman pour l’ONG MADERA (Juin- Juillet 2007) :
L’ONG française MADERA met en place un projet visant au développement de l’horticulture pérenne, le PHDP (Perennial Horticulture Development Project) dans les provinces de Kunar et Laghman. Afin d’affiner le diagnostic du secteur horticole, MADERA a demandé au Groupe URD de faire une étude sur les besoins et les attentes des horticulteurs potentiellement intéressés pour la mise en place de groupements agricoles (8 districts dans 2 provinces). Cette étude eut la particularité de mêler des données techniques et des éléments davantage liés aux pratiques et perceptions des horticulteurs (approche sociale).
L’étude effectuée s’est basée sur la collecte de données relatives à la production fruitière commerciale, les principaux problèmes auxquels les horticulteurs sont confrontés, les mécanismes de coordination existants entre producteurs et leurs intérêts potentiels à prendre part au projet PHDP.

- Etude des causes et des conséquences de la pauvreté chronique des femmes en Afghanistan (Herat, Badakshan, Bamyan, Nangahar, Kaboul) pour JICA / GTZ / MOWA (mars – décembre 2007) :
Depuis la chute du régime des Talibans, la communauté internationale a investi beaucoup de temps et de moyens sur la question du genre, et en a fait l’un des fers de lance de la reconstruction du pays. Le document cadre de la stratégie de reconstruction du pays, l’Afghan National Development Strategy (ANDS) comprend plusieurs secteurs dont l’un dédié à la protection sociale. L’un des objectifs est une réduction de l’extrême pauvreté qui touche encore une grande partie de la population afghane. L’ANDS précise en outre que la réduction de la pauvreté extrême qui touche les femmes est une priorité : « Le but du gouvernement est d’accroître les capacités, les opportunités et de sécuriser l’existence des femmes touchées par la pauvreté chronique en développant leur pouvoir d’action afin de réduire la pauvreté et d’accroître leur autonomie ».
Dans le « Afghanistan Compact », qui fixe et quantifie les objectifs à atteindre d’ici 2010, il est dit : « D’ici 2010, le nombre de femmes chefs de foyer qui sont chroniquement pauvres sera réduit de 20% et leur taux d’emploi aura augmenté de 20% ».
Afin de parvenir à réduire la pauvreté chronique des femmes, le gouvernement – à travers le Ministère des femmes, MOHA – et deux bailleurs très impliqués sur les questions de genre en Afghanistan (JICA et GTZ) ont confié au groupe URD un travail de recherche, avec pour objectif de mieux comprendre les facteurs qui poussent et maintiennent les femmes dans une situation de pauvreté chronique. Une série d’entretiens individuels et collectifs a été réalisée avec des femmes et des hommes dans plusieurs provinces d’Afghanistan. Le but de ce travail était de formuler des recommandations afin de développer des programmes de lutte contre la pauvreté chronique des femmes afghanes. Plusieurs questions ont été analysées : comment se définit la pauvreté chronique des femmes en Afghanistan ? Qui sont les femmes chefs de foyer ? Sont-elles toutes chroniquement pauvres ? Cette étude a également abouti à une typologie des différents types de pauvreté des femmes et propose plusieurs pistes afin de mettre en place des programmes adaptés. Les résultats de cette recherche ne sont pour l’instant pas accessible à tous.

- Etude sur la production de pavot dans la province du Badakshan pour l’agence des Nations Unies de lutte contre la drogue (décembre 07 – janvier 08):
Actuellement, plus de 90% de la production totale d’opium et de l’héroïne qui en dérive est issue des cultures afghanes (enquête UNODC, 2007). En 2007, la superficie de cultures illégales d’opium en Afghanistan, en constante augmentation depuis la chute des talibans, a augmenté de 17%, atteignant 193 000 hectares. Les revenus générés des exportations de l’opium dans les pays voisins s’élèvent à 4 Millions de dollars, ce qui représente plus de la moitié du produit national brut afghan. La réduction de la culture du pavot à opium dans les provinces productrices nécessite une attention constante de la part des acteurs nationaux et internationaux, qui doivent progressivement mettre en place des stratégies afin d’éliminer cette culture illicite. Plusieurs approches ont été testées afin de faire baisser la production (éradication, cultures de substitution, achat de la production aux agriculteurs…), mais il semble que les solutions proposées jusqu’alors n’y parviennent pas.
L’agence des Nations Unies de lutte contre la drogue (United Nations Office on Drugs and Crime - UNODC) est en train de redéfinir la stratégie de lutte contre la production de pavot par la mise en place d’un programme global qui inclue le gouvernement, la sécurité et les programmes de développement.
L’UNODC a confié au Groupe URD une évaluation dans la province du Badakhshan, afin d’identifier les besoins prioritaires des paysans vulnérables qui sont impliqués ou risquent d’être impliqués dans cette culture et de faire des recommandations opérationnelles dans le cadre d’un partenariat entre UNODC et WFP – notamment d’identifier l’impact possible de l’aide alimentaire sur la réduction de la culture de l’opium.
Des entretiens individuels et collectifs ont été réalisés dans un grand nombre de foyers, afin d’analyser les contraintes auxquelles les producteurs de pavot doivent faire face, les stratégies qu’ils mettent en place, les principales règles de décision qui poussent les agriculteurs à produire du pavot à opium et les conditions nécessaires pour leur permettre d’abandonner cette culture ou de ne jamais la commencer.
Les besoins prioritaires des groupes ciblés ont été identifiés via des approches qualitatives et quantitatives. Les résultats de cette étude ne sont pour l’instant pas accessible à tous.

- Etude urbaine sur la ville de Mazar-e-Sharif dans la province de Balkh (janvier – mars 2008) :

Ville majeure au nord de Kaboul, de l’autre coté de la barrière de l’Hindou Koush, accessible par le Tunnel du Salang à près de 4000 m d’altitude,
Mazar-e-Sharif joue un rôle d’importance régionale dans les équilibres nationaux. Non loin des pays frontaliers du Nord comme le Tadjikistan, la ville a toujours été très attractive, avec en son centre une très belle et grande mosquée bleue. Les problèmes auxquels la ville a à faire face sont indirectement liés aux effets des conflits. Mazar-e.Sharif est sujet à des déstructurations internes et périphériques du fait de l’afflux des réfugiés entraînant un déficit important d’infrastructures, dans un contexte d’absence totale de gestion urbaine, ce depuis plusieurs décennies comme pratiquement tout le secteur urbain en Afghanistan. Comparable à Kaboul avec près de 70% d’occupations informelles dues aux constructions informelles et aux privatisations de nouveaux quartiers de la ville, le problème du foncier y est particulièrement critique.

Evaluation de projets

- Evaluation du système de suivi et d’évaluation de Cooperation Center for Afghanistan (CCA) (août 2007) :

L’ONG internationale CWS (Church World Services) a confié au Groupe URD une mission d’évaluation devant aboutir à une session de formation pour une partie du personnel de CCA. Le CWS est présent en Afghanistan depuis plusieurs années et travaille avec des ONG afghanes dans les secteurs de la sécurité alimentaire, l’eau et l’assainissement, le genre et le développement de la société civile. CCA est une ONG afghane fondée en 1990 par un groupe d’Afghans réfugiés à Peshawar. Cette structure a été relativement importante sur la scène humanitaire pendant la période de la guerre civile et le gouvernement taliban. Depuis plusieurs années, CWS a développé une relation de bailleur et de partenaire avec CCA, qui travaille aujourd’hui dans 9 provinces afghanes.
Le but de ce travail était d’évaluer le système actuel de suivi / évaluation des projets de l’ONG et de mettre en place une formation de trois jours afin d’améliorer le système actuel.

- Evaluation du programme "Oil for girl" du PAM dans les provinces de Dai Kundi, Paktya et Parwan (août – novembre 2007) :

Depuis 2001, le secteur de l’éducation s’est considérablement structuré en Afghanistan. Différentes réformes ont été mises en place afin d’améliorer les conditions d’enseignement et de permettre aux jeunes afghans d’avoir accès à l’enseignement primaire et secondaire. L’éducation des filles reste encore problématique puisque seulement 40% d’entre elles sont scolarisées, soit prés de deux fois moins que les garçons (70%). Dans certaines régions, notamment le sud du pays, le taux de scolarisation des filles ne dépasse pas les 10%. Plusieurs programmes mis en place par les ONG ou les agences des Nations Unies visent à augmenter le taux de scolarisation en général et celui des filles en particulier.
Depuis plusieurs années, le PAM met en place un programme nommé « Assistance to girl’s primary education », dans les provinces où l’insécurité alimentaire prévaut. Dans la zone de Kabul (régions du centre et sud-est du pays), des bidons d’huile sont distribués aux fillettes qui se rendent à l’école plus de 22 jours par mois, afin d’encourager les familles à les y envoyer de façon régulière.
Le PAM a demandé au groupe URD de conduire une évaluation dans trois provinces (Paktya, Parwan et Dai Kundi), afin d’évaluer les impacts de ce programme et de faire des propositions visant à en améliorer la qualité. Des entretiens avec des familles et des filles scolarisées ou non ont permis d’analyser les différents facteurs qui empêchent ou freinent la scolarisation des filles. Les conclusions de ce travail ne sont pour l’instant pas accessible à tous.

- Diagnostic du système de suivi / évaluation de la GTZ (PAL project – Provinces de Nangahar, Laghman et Kunar) (septembre 2007) :
L’objectif du projet intitulé PAL (Project for Alternatives Livelihoods), mis en place par la GTZ à Jalalabad, est de contribuer à la réduction de la pauvreté et de faciliter le passage d’une économie basée sur la production d’opium à un système basé sur d’autres alternatives économiques. Pour suivre le développement des différentes composantes du projet, le PAL a crée une unité de suivi et évaluation (Activity M&E Group).
Afin d’améliorer le fonctionnement de cette unité, la GTZ a demandé au Groupe URD de réaliser une évaluation de l’unité de suivi / évaluation du PAL. Le but de la mission était d’établir les forces et les faiblesses du système actuel afin de proposer des modifications permettant d’obtenir un système plus homogène et plus fonctionnel. Le Groupe URD s’engage aujourd’hui dans un processus de plusieurs mois qui dont la finalité est de permettre à la GTZ de se doter d’une base de données de suivi de projet développée sur la base du Compas Dynamique. Ce dernier est un logiciel développé par le Groupe URD afin de permettre aux utilisateurs de mettre en place une méthode d’assurance qualité pour le suivi et l’évaluation des projets. Le Groupe URD a également aidé l’équipe du PAL à identifier des indicateurs pour suivre la qualité des projets.

- Evaluation du système de suivi / évaluation du National Solidarity Program (NSP) dans les provinces de Herat, Bamyan, Balkh et Nangahar (février – mars 2008) :
Le NSP est mis en place depuis 2002 par le ministère de la réhabilitation et du développement rural (MRRD). L’objectif principal est de donner davantage de pouvoir aux communautés à travers l’élection de CDC (Conseil de développement communautaire). Les CDC, qui constituent le premier échelon de pouvoir local, ont pour mission d’identifier les besoins afin de mettre en place un projet de développement financé par l’Etat (infrastructure, projet pour les femmes). Dans chacun des districts, le processus est facilité par des ONG qui accompagnent les CDC dans leur création et les appuient dans les différentes étapes d’identification et de planification du projet. Plus de 4000 personnes travaillent aujourd’hui en Afghanistan pour le NSP dans 9 départements, 6 bureaux régionaux et 34 provinces. 28 ONG, internationales ou afghanes, assistent les CDC dans la mise en œuvre de plus de 30 000 projets. Les différentes étapes de ce programme font aujourd’hui l’objet d’un processus de monitoring faible et inefficient. En ce sens, il est aujourd’hui devenu urgent de rationaliser ce processus de traitement des données de monitoring collectées sur le terrain, à travers la mise en place d’un véritable système de monitoring basé sur de réels objectifs et indicateurs de résultat.
Le MRRD a demandé au Groupe URD de réaliser un diagnostic du système actuel de M&E du NSP afin d’être en mesure de :
- savoir en permanence l’avancement des différents projets au niveau du district, de la province et de la région ;
- suivre de façon continue la qualité des projets et être capable de mettre en place des actions correctives pour améliorer la qualité ;
- obtenir des informations sur la qualité du programme et de la pertinence des objectifs fixés.
Ce travail d’évaluation a pour but d’identifier les forces, les faiblesses et les améliorations possibles du système de suivi actuel du NSP.
Formations

- CCA / CWS: Formation suivi / évaluation de projet (Province de Kaboul) (août 2007) :

Cette formation est la continuation de l’évaluation du système de suivi et d’évaluation de l’ONG Cooperation Center for Afghanistan précitée.

- Formation au Compas Dynamique à Kaboul (décembre 2007) :

La gestion de projet et de l’information est un élément clé pour assurer la qualité d’un projet humanitaire. Nombre de faiblesses observées dans les projets ne sont pas dues à une absence de connaissances techniques mais plutôt à un déficit de prise en compte des dimensions qualitatives dans la gestion des projets.
Diagnostic des situations au-delà de la seule évaluation des besoins, conception de projet dépassant le cadre logique, formulation des objectifs et des indicateurs liés à l’ensemble des critères visés par le projet, conception et mise en place d’un système de monitoring pour suivre la qualité du projet, différence entre monitoring et évaluation, etc. tels furent les points abordés au cours de cette formation basée sur la méthode COMPAS.
Différentes structures telles que Cordaid, GTZ, NSP, Relief International, Madera, DACAAR, Zoa refugee Care, etc. ont suivies cette formation, qui s’est articulée autour d’une étude de cas afin d’assurer une réelle mise en pratique de la gestion de la qualité du projet et de l’utilisation du COMPAS (méthode d’assurance qualité et logiciel).

 




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