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La revue du Groupe URD

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Comment contextualiser les réponses en matière de construction de logements ?
Carolyn Garcia & Vincent Trabaud

 

 Des modèles d’habitats importés et déconnectés de la culture locale

La plupart des modèles d’habitats pérennes proposés par l’aide humanitaire, s’ils sont certes techniquement très aboutis, proposent des typologies souvent très éloignées de l’habitat traditionnel. Le contraste entre ces « maisons ONG » et les maisons rurales voisines est saisissant.

Pourtant, les études post-séisme s’accordent à dire que les constructions traditionnelles en bois ont globalement mieux résisté. Ces maisons ont également subi plusieurs cyclones depuis leur construction, sans dommages irrémédiables. Il existe donc un intérêt technique à étudier l’habitat traditionnel et à en tirer des leçons pour la conception des modèles de relogement para-sinistres. Celles-ci concernent à la fois la qualité des matériaux utilisés autrefois, les détails architecturaux qui ont contribué à améliorer la pérennité des maisons dans le temps, et les savoir-faire des artisans qui les ont construites.

L’analyse de l’habitat traditionnel rural permet d’en révéler les caractéristiques techniques, mais aussi les aspects culturels et sociaux spécifiques au monde paysan haïtien. Ces maisons sont un véritable « patrimoine » en ce qu’elles témoignent d’une culture et de modes de vies spécifiques à un pays, à une région. Pourtant, la culture paysanne est fortement dépréciée par la majorité des Haïtiens dans un pays où l’Occident est synonyme de progrès.

Les ONG pourraient donc s’inspirer des qualités de l’habitat rural pour construire des habitats neufs, en intégrant des améliorations techniques para-sinistres telles que le contreventement ou le soubassement. Au-delà de la seule reconnaissance patrimoniale, l’habitat rural possède un véritable potentiel économique pour les habitants des campagnes, notamment en renforçant les possibilités de développer le touristique rural.

 Des pistes de réflexion pour guider la reconstruction d’habitats adaptés localement et vecteurs de développement

Plusieurs axes de réflexion peuvent être explorés pour que les programmes de reconstruction d’habitats s’inscrivent dans la durée, avec un impact réel à long terme pour les populations bénéficiaires, et au-delà de la seule fonction d’abri post-catastrophe. Cela peut se traduire par les éléments suivants :

  • Mettre en place des moyens permettant d’assurer la pérennité, la maintenance et la reproductibilité des maisons construites ;
  • Valoriser les ressources et les compétences locales en créant et en appuyant des filières de production d’éléments de constructions qualitatives et en évitant la perte des savoir-faire locaux ;
  • Sensibiliser et former les professionnels du bâtiment aux bonnes pratiques de construction ;
  • Accompagner les propriétaires à l’auto-construction ;
  • Aider les « capables » afin qu’ils puissent eux-mêmes générer des ressources et de l’emploi pour les plus vulnérables.