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Haïti : oser l’avenir !
Bernard Husson

 

La situation présente devrait également conduire à repenser l’aménagement du territoire pour mieux répartir les équipements et services collectifs sur l’ensemble du pays. Si la capitale doit être reconstruite, une partie des ressources est néanmoins à orienter vers les régions. "Nous ne pouvons penser l’avenir du pays uniquement à l’aune de Port-au-Prince" disait déjà en 2007 Talégrand Noël dans une interview au Journal "Le Matin". Cela est plus vrai encore aujourd’hui. L’amélioration en quantité et qualité des services que l’on peut trouver dans les régions, la création d’activités nouvelles, l’installation de systèmes de financements pour faciliter le démarrage de petites entreprises sont à développer. Les circuits commerciaux et de distribution sont à soutenir pour que les producteurs puissent écouler leur marchandise. Des actions de formations de tous niveaux, pour consolider les dynamiques locales et renforcer les compétences sont à mettre en place dans les différentes régions du pays.

La création d’espaces de rencontre et de débats entre toutes les forces sociales présentes s’avère de ce point de vue une démarche importante. La reconstruction, œuvre prométhéenne, enregistrera des succès si la participation des habitants est effective. Au niveau national cela pourrait se concrétiser par exemple au travers de l’organisation d’une "Conférence nationale" pour définir les priorités autour desquelles organiser la reconstruction et les modalités de sa mise en œuvre et notamment donner place aux actions en direction des régions. Au niveau local ces espaces de concertation devraient permettre de poser les bases des plans locaux de développement et d’en suivre la réalisation

L’expérience dans d’autres pays montre que faute d’affecter une partie de l’aide au renforcement des organisations sociales et à un soutien aux dynamiques de développement local, on retrouve après la catastrophe, des situations bloquées comme elles l’étaient avant qu’elle ne survienne. Haïti peut être un exemple a contrario pour montrer comment un pays peut oser son avenir malgré sa situation douloureuse en s’appuyant sur ses dynamismes internes et dépasser l’instauration d’une démocratie par le haut que les interventions extérieures ont tendance à imposer. La reconstruction du pays passera, que nul n’en doute, par l’ouverture d’un dialogue social, si longtemps bloqué et tant attendu par les Haïtiens. Faute de l’engager Haïti tardera à se relever de ses maux humains et naturels. L’aide internationale ne peut oublier cette dimension dans ses appuis.

Bernard Husson