Accueil | Publications | Humanitaires en mouvement | Humanitaires en mouvement n°18 | Le modèle d’innovation à trois niveaux du Croissant-Rouge qatari face à la crise des réfugiés syriens au (...)

La revue du Groupe URD

Outils et méthodes

Quality & Accountability COMPAS COMPAS Qualité & Redevabilité
CHS Norme humanitaire fondamentale (CHS)
Pictogrammme Sigmah Logiciel Sigmah
Pictogrammme Reaching Resilience

Reaching Resilience
Pictogrammme brochure Formation Environnement
Pictogrammme brochure Manuel participation
Pictogrammme globe terrestre "Mission Qualité"
Pictogrammme PRECIS Humatem Méthode PRECIS

Le modèle d’innovation à trois niveaux du Croissant-Rouge qatari face à la crise des réfugiés syriens au Liban
Omar Katerji

 

 Chercher des solutions alternatives

Grâce à une première série de recherches précoces, de diverses notes conceptuelles, de réflexions collectives, d’enquêtes de terrain et d’entretiens avec des experts, l’équipe QRCS a identifié les effets négatifs liés à l’utilisation de combustible de chauffage. Ils comprennent notamment la mauvaise qualité de l’air (due à la combustion), son inefficience, le risque d’incendie, et le plus important : son coût élevé. L’objectif était donc de réduire l’utilisation du combustible (plutôt que de développer des systèmes de chauffage alternatifs coûteux). Une isolation non perméante semblait la meilleure option. La recherche du meilleur matériau a commencé en juin 2015 et, dès juillet 2015, l’équipe et ses partenaires avaient acquis et testé de nombreux exemples de matériaux avant de se mettre d’accord sur le fait que les rouleaux d’isolant thermique de 10 mm en polyéthylène étaient la meilleure option.

Les bénéfices des matériaux d’isolation étaient notamment :

  • des températures chaudes en hiver à l’intérieur des tentes ;
  • des températures fraîches en été à l’intérieur des tentes ;
  • une consommation réduite de combustible et, par conséquent, un moindre risque que les tentes ne prennent feu ;
  • une réduction des maladies aigües liées à l’hiver.

L’acquisition d’isolants thermiques s’est faite grâce à des fournisseurs basés à l’étranger et à l’acheminement de 114 conteneurs. Les quatre murs (faits en bâches plastiques) de chaque tente ainsi que le toit étaient ensuite isolés (par agrafage). Une équipe de 84 personnes provenant des communautés de réfugiés a été engagée et rémunérée pour fixer les rouleaux d’isolants. L’ingénieur civil qui surveillait et supervisait l’installation était lui aussi un réfugié.

Huit partenaires de mise en œuvre et deux partenaires de co-financement [7] ont pris part à ce projet. Au final, ce sont environ 35.000 réfugiés syriens qui ont bénéficié de ce projet. Par ailleurs, contrairement aux projets d’hivernage conventionnels, en particulier ceux qui fournissent du combustible de chauffage, les bénéfices de cette intervention (essentiellement sur le plan des économies de combustible) dureront au moins pendant trois ans8.

De même, chaque année, de nombreuses ONG – dont QRCS – distribuent des dizaines de milliers de couvertures, de matelas, d’oreillers et de sacs de couchage aux réfugiés syriens installés dans des villages de haute altitude. Il était donc nécessaire d’opter pour une option de meilleure qualité, moins chère et plus polyvalente. QRCS s’est ainsi attaqué au défi de fournir une solution de produits non alimentaires tout-en-un pour l’hiver au lieu de plusieurs produits non alimentaires pour l’hiver.


[7] Etant donné que la durée de vie théorique des isolants est d’au moins trois ans.