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Réhabilitation et reconstruction : progrès et problématiques

Cet article est composé d’extraits du rapport publié par ONU Habitat « Appui à la réhabilitation et la reconstruction de logements dans le contexte post-séisme en Haïti : Progrès et Problématiques », de janvier 2012.

Le nombre d’habitations à réparer, mettre aux normes ou reconstruire suite au séisme de 2010 est estimé par le Ministère des Travaux Publics, des Transports et des Communications (MTPTC) à environ 175 000. En 2010, la majorité des bailleurs de fonds et des organismes d’exécution se sont davantage concentrés sur l’hébergement d’urgence que sur les réhabilitations ou reconstructions, ce qui se traduit par un écart important entre les objectifs fixés et les réalisations. A la fin 2011, le taux de réparations et de mises aux normes par des agences représentait ainsi 54% de l’objectif fixé [1]et le taux de constructions permanentes seulement 34% de l’objectif initial. Si les raisons de ces retards sont multiformes, l’insuffisance des fonds disponibles pour la reconstruction a certainement constitué jusqu’ici l’un des obstacles majeurs, une situation aggravée par l’absence de politique publique en matière de reconstruction.

 Absence de cadre stratégique et institutionnel

Les activités d’appui aux travaux de réparation et de reconstruction de logements en Haïti s’inscrivent aujourd’hui encore dans des projets séparés, portant des intitulés distincts et mis en œuvre par différents organismes. Elles ne font pas l’objet d’un programme commun et coordonné qui permettrait d’assurer la cohérence ou l’harmonie des opérations. Le manque d’orientation politique dans la reconstruction des habitations et de directives stratégiques officielles a abouti, dans l’ensemble, à une situation de laissez-faire. L’approche par projets distincts signifie aussi que certaines zones et communautés bénéficient d’un appui technique et financier plus approprié que d’autres et progressent donc plus rapidement, sans que le ciblage de ces zones ait été réellement mis en perspective dans une approche plus globale d’aménagement du territoire. L’absence de cadre stratégique complique ainsi les arbitrages et peut conduire à des déséquilibres géographiques, certaines zones étant mieux couvertes que d’autres.

 Estimation imprécise du coût et risques liés à l’affectation des ressources

En 2010, le MTPTC a effectué une évaluation d’habitabilité de grande ampleur portant sur 400 000 bâtiments, les classant dans trois catégories : vert (habitable), jaune (accès limité en raison de problèmes de sûreté et nécessitant des réparations pour pouvoir être considéré comme habitable), rouge (non habitable ou accès dangereux). Les bâtiments ont été classés comme suit : 46% « verts », 29% « jaunes », 25% « rouges ». Compte tenu de la relative exhaustivité de l’enquête d’habitabilité, les chiffres obtenus ont été utilisés comme indicateurs indirects pour la planification, en particulier pour les bâtiments classés « rouges » (considérés comme effondrés ou à démolir et remplacer) et « jaunes » (à réparer ou à mettre aux normes). Ces indicateurs ont permis d’établir les données générales de planification pour le secteur des abris et du logement. Toutefois des évaluations plus précises ont montré, par la suite, la difficulté d’établir une corrélation directe entre maisons classées « rouges » et reconstruction, d’une part, et maisons classées « jaunes » et réparation / mise aux normes, d’autre part. Les évaluations détaillées et les programmes ultérieurs de réparation et de mise aux normes prévoient au contraire des travaux de réparation et de réhabilitation pour un nombre proportionnellement élevé de maisons de la catégorie « rouge », par rapport à celles désignées comme « jaunes ».


[1] 13 831 réparations et mises aux normes par des agences contre 25 472 prévues et 5 189 constructions permanentes contre 15 224 prévues.

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