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Urgence et Education : la nécessité de l’école en période de crise
Elise Joisel

 

 L’éducation d’urgence, un secteur émergent

En avril 2000, le Forum mondial sur l’éducation pour tous, qui s’est tenu à Dakar, a donné lieu à l’adoption du Cadre d’action de Dakar, « Éducation pour tous : tenir nos engagements collectifs ». Les États se sont engagés à réaliser les objectifs d’une éducation de base de qualité pour tous d’ici à 2015. En septembre 2000, lors du Sommet du Millénaire, les États membres des Nations unies ont réaffirmé cet engagement dans l’un des objectifs du millénaire pour le développement qui visent à éliminer l’extrême pauvreté dans le monde. Le deuxième objectif consiste à assurer l’éducation primaire pour toutes et tous : les États membres s’engagent à faire en sorte que tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, aient les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires en 2015. A la suite de cela, a été créé le réseau inter-agences d’éducation en situation d’urgence (INEE) qui regroupe des agences des Nations unies, des ONG, des praticiens, des donateurs et des chercheurs. Ce réseau a établi les « normes minimales pour l’éducation en situations d’urgence, de crise chronique et de début de reconstruction » [5]. L’éducation d’urgence est donc depuis partie prenante de l’humanitaire.

Si des progrès ont été réalisés sur le chemin de Dakar et des Objectifs du millénaire, il reste encore fort à faire. Et notamment du côté des financements. En effet, les bailleurs continuent d’être réticents à financer ce secteur, en partie parce qu’ils estiment qu’il ne permet pas de sauver des vies, qu’il ne s’agit pas d’urgence pure. L’éducation en situation d’urgence s’est vue allouer à peine 3,1% du budget global accordé à l’aide humanitaire en 2008, et en 2007, les États-Unis, la France, le Portugal, l’Autriche, l’Allemagne, l’Espagne, la Belgique, le Japon et la Suisse avaient alloué chacun à l’éducation de base moins de 3% du montant total qu’ils avaient consacré à l’aide humanitaire. Beaucoup d’efforts sont encore nécessaires pour que l’éducation d’urgence constitue l’un des piliers principaux de la réponse humanitaire et une priorité dans les premières phases de reconstruction. L’éducation en situation d’urgence est de plus en plus nécessaire dans les contextes de crises complexes actuelles qui durent. Il s’agit d’un secteur capital qu’il faut développer de façon quantitative et qualitative.


[5] « Normes minimales pour l’éducation en situations d’urgence, de crise chronique et de début de reconstruction » INEE, Réseau inter-agence pour l’éducation en situations d’urgence, 2007, www.ineesite.org.