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La revue du Groupe URD

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Comment les travailleurs humanitaires sri lankais de Vavuniya comprennent-ils le terme “humanitaire” et dans quelle mesure s’y identifient-ils ?
Olivia Collins

Avec la fin du conflit au Sri Lanka en 2009, la phase d’assistance humanitaire d’urgence prend progressivement fin et l’accent est désormais mis sur des objectifs de développement à plus long terme. En même temps, le nombre d’expatriés employés au sein des organisations se réduit au fur et à mesure que la gestion des programmes est reprise par des employés locaux. Dans ce contexte de transition, l’objectif de cette étude qualitative est de se concentrer sur les travailleurs humanitaires sri lankais, afin, d’une part, de mieux cerner leur compréhension du terme « humanitaire » et d’autre part de voir l’influence de ce concept sur leur identité et sur les programmes qu’ils gèrent. Les personnes interrogées font partie d’un groupe qui décidera de plus en plus les modalités de l’assistance humanitaire à l’avenir.

  Sommaire  

Si on a beaucoup écrit sur l’importance des principes humanitaires et de la sensibilité au conflit dans les situations de crise, une importance moindre a été accordée à la façon dont les employés de terrain comprennent et perçoivent ces principes, ainsi qu’à la manière dont ils sont mis en œuvre dans la pratique. Dans cette enquête, l’accent est mis sur les travailleurs humanitaires nationaux, leur rôle spécifique et les risques qu’ils encourent en tant qu’acteur à la fois interne et externe dans une situation de conflit. Bien sûr, les organisations pour lesquelles ils travaillent adhèrent aux principes humanitaires, mais le fait pour les employés nationaux de connaître un contexte « de l’intérieur » crée aussi un lien émotionnel et rend la prise de décisions objectives et impartiales plus complexe [1]. Comment les employés nationaux, dont l’identité est étroitement liée au contexte local, résolvent-ils donc ces difficultés ? Comment observent-ils une situation de l’extérieur tout en la connaissant de l’intérieur ? Se considèrent-ils comme « travailleurs humanitaires » dans le sens où ils adhèrent aux principes humanitaires et que signifie cette adhésion ? Enfin, comment l’identité professionnelle s’intègre-t-elle à d’autres aspects de leur identité – ethnique, religieuse et linguistique ?


[1] Les employés internationaux, ayant passé plusieurs années au même endroit et s’étant investi d’un point de vue émotionnel dans le contexte local, sont, eux aussi, souvent confrontés à ce défi. Il en découle un dilemme : plus ils passent de temps dans un endroit donné, mieux ils en comprennent le contexte mais moins ils font confiance à leur sens d’impartialité. La question qui consiste à savoir si l’impartialité absolue est vraiment réalisable ne sera pas traitée dans cet article : nous supposons qu’il existe une échelle qui va de « partisan » à « impartial » et qu’on peut se trouver à des degrés différents sur cette échelle par rapport à l’objectif annoncé d’impartialité.