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Des acteurs humanitaires se mobilisent autour du Consensus européen sur l’Aide Humanitaire
Véronique de Geoffroy - François Grünewald

Le Plan d’action de Plaisians propose un mécanisme de veille multi-acteurs sur les grandes dispositions stratégiques et les engagements clés du Consensus Européen sur l’Aide Humanitaire.

Il y a bientôt un an était signé à Lisbonne, grâce l’énergie de la présidence portugaise de l’Union, le Consensus Européen sur l’aide humanitaire. Le Conseil de l’Europe, le Parlement Européen et la Commission Européenne s’engageaient ainsi sur les valeurs fondamentales et les principes universels de l’action humanitaire (indépendance, impartialité, neutralité, universalité), soulignant l’importance des Nations Unies, des ONG et du Mouvement de la Croix Rouge. Ce Consensus représente un progrès majeur parce qu’il entérine une vision partagée d’un humanitaire basé sur des principes et à la recherche d’une plus grande efficacité au service des populations.

Un an après et profitant de la présidence française de l’Union Européenne, plus de 70 personnes se sont retrouvées du 23 au 25 Octobre 2008 dans le petit village de Plaisians en Drôme Provençale. Il s’agissait, à l’occasion des 6èmes Universités d’Automne de l’Humanitaire organisées par le Groupe URD, de faire le point sur la mise en place de ce Consensus et les enjeux d’un suivi citoyen. Venant d’institutions européennes (DG ECHO), d’États membres (France, Allemagne, Belgique), de structures de recherche espagnoles, britanniques et françaises, d’ONG de terrain (MDM, OXFAM-Intermon, VOICE, etc.) et d’universités (Conseil Académique des Nations Unies, Universités de Montpellier et d’Aix en Provence, Paris XII-Créteil), ils ont développé le "Plan d’Action de Plaisians" (PAP).

Ce PAP est une proposition militante de femmes et d’hommes, qui, dans des instances de pays divers, se reconnaissent dans les valeurs portées par le Consensus Européen sur l’aide Humanitaire et cherchent à développer des mécanismes pour en renforcer l’application. Il part du principe que l’application et le respect d’un tel Consensus dépassent la seule responsabilité des États. Il interpelle les acteurs de l’humanitaire, notamment ceux issus de la société civile, ainsi que les élus que ce soit au niveau européen ou au niveau des États membres.

Ce plan d’action pose comme préalable la mise en place d’une stratégie large de communication sur le Consensus vers les États, les opinions publiques, les acteurs humanitaires, les institutions inter-étatiques (ONU, OTAN, etc.) et les médias.

Il comprend l’établissement d’un mécanisme de type « observatoire multi-acteurs » du Consensus européen sur l’aide humanitaire, auquel pourront contribuer les ONG et leurs plateformes, notamment VOICE, CONCORD et les plateformes nationales dans les États membres, les think tanks, les syndicats, etc.

Il encourage la mise en œuvre de plans d’action nationaux pour l’introduction du Consensus dans les dispositifs des États. Il s’agira notamment de soutenir les nouveaux États membres dans leur processus d’appropriation des principes fondateurs de l’humanitaire européen.

Le PAP permettra par ailleurs une veille sur l’application des grandes dispositions du Consensus, notamment celles relatives au respect du Droit International Humanitaire (DIH) et des principes humanitaires. C’est dans ce cadre, et pour clarifier les interactions avec la sphère politique, que le Consensus Européen sur l’aide Humanitaire stipule que l’humanitaire n’est pas un outil de gestion de crise. Il invite cependant les États à jouer pleinement leur rôle et appelle la diplomatie à œuvrer pour améliorer l’accès aux populations.
Le PAP offrira ainsi un cadre de suivi et, si besoin, d’interpellation, pour assurer que les responsabilités soient effectives tout en garantissant le respect des principes humanitaires.

Le PAP promeut un engagement de tous pour l’amélioration de la qualité de la réponse, tant dans l’extrême urgence que dans les crises durables et trop souvent oubliées. La question de la qualité est typiquement une question qui relève d’une responsabilité partagée entre acteurs et bailleurs de fonds. Il soutient aussi l’idée qu’une attention plus accrue soit portée sur les phases d’avant crise, et notamment tout ce qui tient à la prévention et à la préparation aux désastres.

Le PAP crée enfin un cadre permettant de surveiller que les engagements pris pour cadrer l’utilisation des forces armées et de la Protection civile dans l’action humanitaire soient respectés. Il souhaite ainsi contribuer à la défense d’un espace humanitaire large et ouvert, dans lequel les principes humanitaires permettent un accès, une assistance et une protection des populations que guerres et désastres ont mis dans des états de vulnérabilité extrême.

Dans sa structure, le PAP s’inspire du Plan d’action que la Commission européenne s’est donné pour soutenir la mise en place du Consensus. Ainsi, les champs d’action 1 à 7 du PAP reprennent dans leurs titres les mêmes intitulés que ceux du plan communautaire.

 

Véronique de Geoffroy, directrice des opérations, Groupe URD
François Grünewald, directeur général et scientifique, Groupe URD

En savoir plus

Plan d’Action de Plaisians (PAP), octobre 2008, français.