Accueil | Publications | Humanitaires en mouvement | Humanitaires en mouvement n°8 | Kaboul / Port-au-Prince, réflexions sur les interventions de l’aide post-crise en milieu urbain

La revue du Groupe URD

Outils et méthodes

CHS Norme humanitaire fondamentale (CHS)
Pictogrammme Sigmah Logiciel Sigmah
Pictogrammme Reaching Resilience

Reaching Resilience
Pictogrammme brochure Formation Environnement
Pictogrammme brochure Manuel participation
Pictogrammme COMPAS Méthode COMPAS
Pictogrammme globe terrestre "Mission Qualité"
Pictogrammme PRECIS Humatem Méthode PRECIS

Humanitaires en mouvement n°8, N° spécial " Villes et crises "

Kaboul / Port-au-Prince, réflexions sur les interventions de l’aide post-crise en milieu urbain
Béatrice Boyer

L’observation in situ d’interventions humanitaires en ville, dans deux cas de pays déstabilisés pour des raisons différentes – guerre en Afghanistan, séisme en Haïti –, amène la réflexion suivante : quelle que soit la crise qui pousse les organismes de l’aide humanitaire à intervenir, il s’avère essentiel d’apporter des réponses adaptées aux contextes urbains.

De l’anarchie des villes en Afghanistan au chaos de la concentration urbaine en Haïti, les acteurs humanitaires cherchent encore leurs marques pour intervenir dans les contextes de villes affectées par des crises ou des catastrophes ; Kaboul - Port-au-Prince, 2001 - 2011, dix années pour que l’aide post-urgence de la communauté internationale commence à prendre conscience de la spécificité des interventions en ville. Encore aura-t-il fallu beaucoup de pugnacité et de temps aux quelques intervenants avertis du fait urbain pour alerter et convaincre les acteurs de l’urgence de prendre en compte l’existence de particularités de la ville, distinctes des contextes ruraux mieux connus des humanitaires. La ville est le résultat de multiples dimensions, économiques, sociales, politiques, et fonctionne en systèmes et réseaux interdépendants qui en constituent la structure. En développant une meilleure connaissance de ces dimensions structurelles et conjoncturelles, des vulnérabilités ou des opportunités émergeant à la suite ou à cause d’une crise, les acteurs des mécanismes d’aide d’urgence, de post-urgence et de relèvement durable peuvent développer des stratégies spécifiques au champ urbain, des outils d’interventions adaptés et mieux cerner leurs responsabilités.

 

Entre conjoncturel, structurel et opportunités, « la ville et la crise » sont à mieux comprendre

Les destructions ou déstabilisations vont être responsables de nombreux morts et de blessés mais aussi de difficultés matérielles pour l’accès de l’aide d’urgence. Cependant, l’ampleur des dégâts sera proportionnelle à l’état structurel de la ville (état des mécanismes d’urbanisation, maîtrise ou non des développements urbains, mécanisme de sensibilisation et de prévention face aux risques, par exemple). La crise ou la catastrophe peut être due à des facteurs conjoncturels qui impactent directement sur les infrastructures ou sur les bâtiments qui composent la ville mais elle peut être aussi amplifiée par des facteurs structurels déficients indépendamment de l’évènement. Par ailleurs, la mise en évidence de risques et de fragilités peut paradoxalement être prétexte à des opportunités d’améliorations avec l’arrivée massive de compétences et de moyens. Comment les mécanismes de l’aide d’urgence peuvent-ils à la fois répondre aux besoins spécifiques urbains déclenchés par une catastrophe et dans le même temps anticiper des réponses pour accompagner la sortie de crise en ville ?

La spécificité de la ville est une question que ne se posaient pas les acteurs humanitaires, ni même les afghans dix ans auparavant ; c’est pourquoi l’aide en Afghanistan et particulièrement à Kaboul a été aussi chaotique que la situation. Des considérations urbanistiques peuvent aider à comprendre pourquoi certains programmes n’ont pu dépasser le stade d’actions pilotes.

En Haïti, à Port-au-Prince, immédiatement après le séisme, le temps de stupéfaction passé, des blocages incontournables ont obligé les différents intervenants à s’interroger sur ce qu’est la ville. Le secteur humanitaire, en lien avec des responsables locaux, a commencé à considérer les problèmes en ville à leur juste ampleur, dans leur interdépendance, spécificités et opportunités d’évolution.


En savoir plus