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La revue du Groupe URD

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Etude "Insécurité et aide humanitaire : l’impossible dialogue ?"
juin - septembre 2013

Le sujet de cette étude sur la sécurité en Haïti est motivé par le constat que les règles sécuritaires auxquelles se soumettent les grandes organisations internationales (Agences des Nations unies, ONG humanitaires, Bailleurs de fonds, etc.) sont extrêmement strictes et ont été encore renforcées depuis le séisme. Aux lendemains de cette catastrophe, relativement peu d’ONG ont, par exemple, questionné le recours à une protection armée (armée américaine, Minustah, PNH) pour encadrer leurs distributions alimentaires. Le débat public sur l’implication des militaires dans l’aide humanitaire a davantage été porté par quelques intellectuels (N. Chomsky, M. Chossudosky) que par les acteurs humanitaires. Alors que les acteurs de développement vivent une vie quasi « normale », les contraintes sécuritaires que s’imposent les ONG humanitaires induisent une coupure souvent forte avec la société haïtienne. Certains quartiers populaires sont en partie délaissés en raison des risques sécuritaires avérés ou perçus.

Dans le cadre des activités de l’Observatoire du Groupe URD en Haïti, une étude a été réalisée sur le thème "Insécurité et aide humanitaire : l’impossible dialogue ? Décrypter les enjeux des politiques sécuritaires des organisations humanitaires dans l’Aire métropolitaine de Port-au-Prince".

La sécurité en Haïti compte parmi les sujets de controverses et de divergences les plus importants au sein et entre les organisations internationales. En effet, les perceptions de l’insécurité varient diamétralement d’un acteur à l’autre, et notamment entre les organisations humanitaires et les ONG de développement.

Cette étude apporte un éclairage nouveau sur les fondements des regards portés sur la violence et la criminalité dans l’Aire métropolitaine de Port-au-Prince, ainsi que sur le bien-fondé des mesures sécuritaires mises en place en réponse au problème de l’insécurité ou du sentiment d’insécurité. Cette étude a pour ambition de fournir aux organisations humanitaires soucieuses de revoir leur approche de la sécurité en Haïti des éléments susceptibles de les aider dans cette démarche. Pour cela, il est nécessaire d’élargir et d’approfondir le débat sur la sécurité des humanitaires au-delà des approches technocratiques de « gestion du risque » qui dépolitisent le phénomène de l’insécurité et du sentiment d’insécurité.