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La revue du Groupe URD

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Humanitaires en mouvement n°12, N° spécial " Environnement "

Un réseau pour aider les organisations humanitaires à mieux prendre en compte les enjeux environnementaux : pourquoi et pour quoi faire ?
le Réseau Environnement Humanitaire

Sous l’impulsion du Groupe URD et de quelques organisations, le Réseau Environnement Humanitaire est né du besoin partagé d’échanger et de progresser sur l’intégration des considérations environnementales dans l’action humanitaire. Il regroupe aujourd’hui des membres de plusieurs organisations francophones comme Action contre la Faim, la Croix-Rouge française, Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières Suisse, Solidarités International, Terre des Hommes Lausanne, Triangle Génération Humanitaire, l’unité conjointe environnementale PNUE / OCHA et le Groupe URD. Cet article constitue la première émanation publique de ce réseau. Il présente la mission et les objectifs que les membres se sont fixés ainsi que les résultats de l’état des lieux réalisé pour mieux comprendre les avancées, les besoins et les difficultés. Les fondations étant posées, l’apprentissage collectif est à présent en marche.

 La naissance du réseau

Environnement et crises : des liens multiples

Changement climatique, pollutions, crise de l’eau, épuisement progressif des combustibles fossiles, déforestation, conflits pour les ressources, etc., les acteurs humanitaires sont de plus en plus touchés et questionnés par les enjeux environnementaux.

Tout d’abord, il s’avère que les missions humanitaires peuvent générer des impacts négatifs sur le milieu naturel : production de déchets parfois dangereux (huiles usagées, déchets médicaux, déchets électroniques, etc.), pression accrue sur les ressources naturelles dans certaines zones d’intervention, (tel l’eau ou le bois aux abords des camps), mais aussi émissions de gaz à effet de serre par le transport international de personnes et de matériels. De par leur mission, les organisations sont également au premier rang pour constater et témoigner des conséquences de la dégradation de l’environnement qui hypothèquent un peu plus la faculté de résilience des populations déjà fragilisées. La perspective du coût croissant des hydrocarbures nécessaires aux véhicules, aux générateurs d’électricité ou à la chaîne du froid oblige quant à elle à remettre en cause la dépendance des missions à cette ressource fossile en voie d’épuisement, sous peine de voir l’énergie devenir un poste de dépense de plus en plus important au détriment de l’aide. Plus généralement et de manière indirecte, la raréfaction des ressources naturelles, dont les métaux, affecte le coût des matériels utilisés et questionne les consommations. Enfin, les incitations à se préoccuper de l’environnement sont aussi externes : règlementations nationales des pays des sièges mais aussi des pays d’intervention ; évolution des exigences de certains bailleurs ; sensibilité croissante des donateurs et des partenaires ; développement de normes sectorielles pour des pratiques plus respectueuses de l’environnement, entre autres.

 

Un besoin d’avancer collectivement sur ces problématiques

Pourtant, les organisations humanitaires sont souvent réticentes à intégrer une approche environnementale au niveau institutionnel, et ce pour plusieurs raisons. Certaines invoquent par exemple le fait que les préoccupations environnementales ne font pas partie de leur mandat et que l’environnement est une problématique de pays riche. D’autres ont parfois du mal à combiner leurs impératifs d’efficience et d’efficacité avec des exigences transversales comme l’environnement. Ce sujet paraît aussi être un domaine d’expertise technique et spécifique, qu’elles ne savent comment aborder. Enfin, elles ne se sentent souvent pas prêtes à rendre des comptes ou communiquer sur ces sujets.

Les formations sur l’intégration de l’environnement dans le secteur humanitaire, animées par le Groupe URD et le PNUE [1] depuis 2010, ont permis, au-delà du transfert de connaissances, de partager les questionnements des acteurs du secteur et de positionner ce sujet comme partie intégrante d’une démarche qualité. C’est au cours de ces formations, animées en occident (France, Canada) et dans divers pays d’intervention (Tchad, Afghanistan, Zimbabwe, et Afrique du Sud), que les acteurs ont exprimé le besoin de créer un groupe de réflexion sur le sujet.

Pour répondre à ces appréhensions et avancer collectivement sur ces questions, plusieurs acteurs humanitaires ont donc décidé de se regrouper et de créer en avril 2012 le Réseau Environnement Humanitaire. Celui-ci a pour objectif de faire progresser l’intégration de l’environnement parmi les organisations membres mais aussi plus largement au sein du secteur humanitaire, en favorisant un apprentissage collectif et une saine émulation grâce au partage des expériences, des réflexions et à la recherche de solutions à des problèmes communs.


[1] Le partenariat avec le PNUE existe depuis 2010. A partir de l’automne 2013, ces formations sont menées avec l’unité conjointe PNUE/OCHA pour l’environnement (Joint UNEP/OCHA Environment Unit http://www.eecentre.org/, unité JEU).