Enjeux climatiques, multiplication des crises et effondrement : comment le secteur de l’aide doit-il anticiper et s’adapter aux bouleversements à venir ?

Du 25 au 27 septembre 2019, au siège du Groupe URD (Plaisians, 26170)

Les acteurs humanitaires sont témoins du terrible impact des désastres liés aux fureurs de la nature et de la déshérence des populations plongées dans les conflits, la pauvreté et les crises politiques. Pourtant, face aux défis qui se profilent, le secteur de l’aide sera-t-il à la hauteur ? Quels rôles peut-il jouer face aux risques de dérèglements profonds de nos sociétés et comment peut-il s’y préparer ?

C’est à ces questions que le Groupe URD a invité à réfléchir pour la 12ème édition des Universités d’Automne de l’Humanitaire. Car s’intéresser à l’effondrement possible du système global implique de s’interroger sur la place, le rôle et la responsabilité du secteur de l’aide. Il s’agit de questionner le futur de l’aide, et celui de l’action humanitaire en particulier, dans des contextes certainement peu propices à la solidarité internationale et à la coopération interétatique.

Il s’agit également d’analyser les crises du passé ou en cours afin de mieux comprendre les réactions des individus et communautés face aux chocs, et d’en tirer des leçons. Il s’agit enfin d’explorer les changements que ces réflexions doivent induire dès aujourd’hui.

Le document joint questionne cette problématique, qui nous semble plus que d’actualité mais qui reste pourtant peu étudiée dans sa globalité et de façon systémique, en intégrant au-delà du changement climatique les autres désordres à venir liés à la chute de la biodiversité et à la fin des ressources non-renouvelables. Il s’agira, sur la base de travaux existants, de présenter des scénarios envisageables pour l’avenir, puis de pousser la réflexion à l’échelle du secteur de l’aide internationale, afin de mieux appréhender les conséquences de ces mutations sur l’architecture et les pratiques de l’aide à court, moyen et long termes.

Ces scénarios plus ou moins optimistes impliquent des modifications à différents niveaux : sur les pratiques, les stratégies et les politiques du secteur de l’aide. Ces conséquences peuvent être considérées à long terme mais aussi impliquer des changements de plus court terme.

Persuadés que de nouvelles priorités vont se dessiner, il nous semble urgent de rassembler un certain nombre d’acteurs aujourd’hui dispersés dans leurs réflexions et leurs combats.

Cet évènement a réuni plus de 70 personnes durant trois jours, dont des porteurs du concept d’effondrement, des spécialistes de la gestion des catastrophes et de l’action humanitaire, des représentants de l’ONU, de la Commission européenne, du Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, du Groupe d’experts intergouvernemental de l’ONU sur l’évolution du climat, de centres de recherche spécialisés (Geneva Center for Security Policy GCSP, université du Colorado-USA ; centre de recherche de l’armée suisse, Internal Displacement Monitoring Center-IDMC), des élus, acteurs de l’aide et bien sûr de nombreuses ONG (ALIMA, CARE, Électriciens sans frontières, GRET, Handicap International, Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde France, Secours islamique France, Solidarités International, OXFAM, etc.).

Des vidéos seront bientôt mises en ligne afin de rendre accessible l’ensemble des sessions plénières. Un numéro spécial de notre revue Humanitaires en mouvement, à paraitre en janvier 2020, sera également consacré à cette thématique.

Photo © Daniel Bryant

Intervenants externes :

  • Corine Morel-Darleux, Conseillère régionale Auvergne Rhône-Alpes
  • Dominique Raynaud, Directeur de Recherche Émerite au CNRS et ancien membre du GIEC
  • Pablo Servigne, chercheur in-terre-dépendant, auteur et conférencier
  • Fernando Briones, Professeur à l’Université de Colorado
  • Aurelie Ceinos, Spécialiste Climat & Résilience de CARE International
  • Grégoire Chambaz, Rédacteur adjoint à la Revue Militaire Suisse, Membre du comité scientifique au Centre d’histoire et de prospectives militaires
  • Bruno Jochum, Chercheur en résidence au Geneva Centre for Security Policy (GCSP), ancien Directeur Général du Centre Opérationnel de Genève MSF Suisse
  • Philippe Thomas, Union européenne, DG DEVCO
  • Sylvain Ponserre, Coordinateur à l’Internal Displacement Monitoring Center
  • Arthur Keller, ingénieur de formation, conférencier, formateur, consultant et auteur
  • Gaëlle Nizery, responsable de la section « Prevention Preparedness global issues », DG ECHO

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