Auteur

Véronique de Geoffroy

Il convient tout d’abord de positionner le sujet et de définir les termes employés comme le propose Alice Obrecht qui, dans l’article issu de ses travaux au sein du réseau ALNAP, décrit un certain nombre de situations où la gestion adaptative s’avère nécessaire et expose les pistes de travail permettant d’appliquer ce concept.

De son côté, François Grünewald développe l’idée que l’agilité représente surtout une modalité de gestion des risques et une nécessité partagée entre acteurs, y compris bailleurs – humanitaires et de développement – qui collaborent de plus en plus souvent dans des contextes de crises durables sur des programmes multi-annuels orientés vers la reconstruction et/ou le renforcement de la résilience.

Différentes pistes concrètes sont ensuite proposées pour illustrer l’agilité des programmes. Tout d’abord en s’interrogeant sur les obligations de redevabilité croissantes et les évolutions du système de l’aide, notamment la mise en place de standards et l’utilisation grandissante des technologies de l’information : permettent-elles ou, au contraire, limitent-elles notre capacité à « être agile » ? C’est ce que Michaël Carrier interroge dans un article intitulé « Standards : amis ou ennemis de l’agilité ? », et ce que Lisa Daoud et Edmond Wach explorent dans « Les technologies de l’information : cache-misères d’un secteur en manque d’agilité ? ». De la même façon se pose la question de l’agilité pour les organisations qui ont connu une croissance et une structuration importante durant les dernières décennies. À ce titre, Damien Badoil et Aline Robert décrivent l’expérience actuelle de l’organisation Humanité et Inclusion (HI) qui s’appuie sur les outils et les méthodes du Lean management pour simplifier ses processus internes. De manière plus générale, Medhi Terbèche et Michaël Carrier avancent dans la section « Point de Vue » que seul le respect d’un certain nombre de bonnes pratiques permet d’atteindre les objectifs d’agilité et de qualité, constat fait sous la forme d’une libre adaptation pour le secteur de l’aide internationale du « Manifeste agile » élaboré par des développeurs informatiques en 2001.

Jean Bernard Véron, pour sa part, nous ramène sur le terrain en décrivant comment un programme d’aide au nord du Mali a réussi à atteindre ses objectifs en mettant en pratique – avant l’heure ? – l’agilité et la redevabilité vis-à-vis des bénéficiaires. Quand la connaissance du contexte et des acteurs, la flexibilité et les relations avec les populations sont au cœur de la gestion de projet, la qualité est au rendez-vous.

Dernière « facette » de notre kaléidoscope, la question du management pour des équipes agiles posée par Alain Olive, Charlotte Dufour et Monique Cardot. Au-delà des enjeux opérationnels forts que soulève cette question, se profile un aspect fondamental qui est celui de la place de l’humain dans des systèmes organisationnels complexes et la capacité du secteur humanitaire à renouer avec le sens de son engagement premier.

Bonne lecture !

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