Auteur(s)

Laurent Saillard

Dix ans après son adoption lors du Sommet humanitaire mondial d’Istanbul, le Triple Nexus (Humanitaire-Développement-Paix) est à la croisée des chemins. Porté par l’ambition de briser les silos entre urgence, développement et consolidation de la paix, ce cadre innovant – fondé sur la complémentarité des acteurs et une réponse conjointe aux causes structurelles des crises – se heurte aujourd’hui à un triple défi : un conflit idéologique, la raréfaction des financements et les limites de sa mise en œuvre.

Contrairement au modèle linéaire traditionnel (le continuum urgence → réhabilitation → développement), le Triple Nexus propose un contiguum : une approche intégrée où les trois piliers s’articulent ensemble selon les besoins contextuels. Bien que pertinent – aligner les acteurs autour d’objectifs communs, définis à partir d’un diagnostic partagé avec les parties prenantes nationales – ce modèle bute sur des réalités opérationnelles.

À l’heure où la solidarité internationale est menacée, quel bilan tirer de cette décennie d’expérimentation ? Dans un monde marqué par un nombre croissant de crises multidimensionnelles, par une scission idéologique profonde au sein de la communauté internationale, où la Paix n’est plus une priorité, comment ce Nexus peut-il encore convaincre ? Le Triple Nexus est-il encore un levier de transformation, ou une coquille désormais vide ?

 

Bilan de l’approche Nexus

Bien que cette approche donne des résultats probants, les défis liés à sa mise en œuvre restent nombreux.

 

Résultats observés

Le Triple Nexus permet de dépasser les solutions pansement en s’attaquant aux causes profondes des conflits et de la pauvreté structurelle. En travaillant vers des objectifs collectifs sur des périodes pluriannuelles, il vise à mettre fin aux besoins humanitaires plutôt que de se contenter de fournir une aide indéfiniment. En brisant les silos organisationnels, le Nexus a tiré parti des avantages comparatifs des différents acteurs, garantissant que les bonnes ressources soient disponibles au bon endroit et au bon moment. Cela permet de privilégier les besoins réels exprimés par les populations – comme la sécurité, l’état de droit, l’accès aux services de base – plutôt que de se limiter aux mandats étroits des agences. Le nexus offre ainsi un cadre pour autonomiser les acteurs nationaux, qui travaillent souvent déjà de manière holistique à travers les trois piliers. Dans des contextes stables comme l’Ouganda, il facilite le transfert de la prestation de services aux systèmes nationaux. L’approche intègre une analyse plus sophistiquée du principe Ne pas nuire, aidant à garantir que l’aide n’alimente pas involontairement les tensions ou ne sape pas le capital social.

À travers ses multiples travaux en tant que partenaire d’apprentissage et observateur du secteur de l’aide, le Groupe URD a étudié les pratiques et les résultats du triple Nexus (projets RESILAC, YERETALI, Nex’Eau, bilan de la réponse humanitaire à l’est du Tchad, etc.). L’approche est certes complexe, exigeante, parfois laborieuse, mais elle est « payante ».

 

Défis persistants

Le Triple Nexus se heurte à des obstacles majeurs qui en limitent la portée. Ces obstacles sont révélateurs de tensions profondes sur des enjeux opérationnels et éthiques. La collaboration accrue avec des acteurs politiques et militaires expose l’aide humanitaire à des risques de politisation et d’instrumentalisation, menaçant sa neutralité et l’accès aux régions les plus impactées. Sur le plan financier, un paradoxe saisissant émerge : bien que les donateurs soutiennent officiellement le Nexus, leurs mécanismes de financement restent, à quelques exceptions près, rigides et cloisonnés. Les agences se retrouvent ainsi coincées entre des budgets humanitaires insuffisants et des fonds de développement réticents à s’engager, invoquant des risques politiques. Enfin, la mise en œuvre du Nexus est exigeante en ressources ; elle nécessite une coordination renforcée, des conseillers techniques dédiés, et des capacités institutionnelles fragilisées par un turnover élevé du personnel, et une perte chronique de mémoire et d’efficacité.

  • Le « paradoxe des donateurs »

Bien que des avancées existent – comme la création du fonds MINKA de l’AFD – les donateurs peinent à aligner leurs déclarations sur leurs pratiques. Les financements restent souvent segmentés (humanitaire, développement, paix), chacun régis par des règles distinctes (taux de change, audits, procédures de marché) qui compliquent la coordination. Les ONG, quant à elles, doivent naviguer entre des exigences administratives divergentes, ce qui alourdit les coûts de transaction et détourne des ressources de l’action terrain.

  • Un manque criant de capacités et de diagnostic commun

De nombreuses institutions manquent de personnel dédié, essentiel pour coordonner l’analyse et la planification intersectorielle. Les financements sont trop souvent alloués en fonction d’une approche projet plutôt que programme, axée sur des résultats collectifs. Cette pratique génère des redondances et un manque de vision partagée. Tout aussi problématique, l’absence de données harmonisées limite la capacité à établir un diagnostic commun des crises. Comme l’a observé le Groupe URD, la qualité des données fait souvent défaut, ce qui rend difficile une lecture commune des réalités territoriales. Les acteurs nationaux sont trop souvent à la marge, ce qui entrave la prise de décisions stratégiques.

  • Entre « petite paix » et « Grande Paix »

Entre ONG et États, la composante paix est source de divergences. Pour les ONG, elle relève de la cohésion sociale et de l’inclusion. Pour les États, elle relève d’enjeux stratégiques de sécurité nationale qui incluent la stabilisation, la lutte antiterroriste et la sécurisation des frontières. Des instruments comme le Fonds fiduciaire de l’UE pour l’Afrique, bien que présentés comme des outils de développement, sont en réalité centrés sur des objectifs de contrôle migratoire et de stabilité régionale, privilégiant les priorités européennes aux besoins locaux. Dans les contextes instables, les donateurs institutionnels imposent des exigences parfois irréalistes – prédictions détaillées, garanties de résultats – alors que l’incertitude y est la norme. Cette approche, couplée à une sécurisation croissante de l’aide, conditionne les financements à des impératifs politiques (migration, terrorisme). Ce qui se traduit par un déficit de confiance grandissant. L’aide humanitaire est perçue comme un outil de pouvoir, instrumentalisée au mépris de son éthique fondamentale. L’enjeux en vaut-il la chandelle ? Des exemples comme l’Afghanistan permettent d’en douter.

Comme observé en Irak, en Afghanistan ou encore à Gaza, les lois antiterroristes imposent des contrôles intrusifs (biométrie, transmission des listes nominatives des employés) qui sapent les principes de neutralité et de non-discrimination. Certaines ONG, refusant de s’y soumettre, n’ont d’autre choix que de se retirer (Gaza, déc. 2025). Ce dernier point illustre le dilemme croissant entre impératifs sécuritaires et impératifs humanitaires.

  • Entre rhétorique et résultats

Les grandes conférences internationales, comme celle d’Istanbul en 2016, produisent beaucoup de discours, mais trop peu de résultats concrets. Le système multilatéral, lourd et bureaucratique, privilégie les résultats quantifiables et immédiats – faciles à communiquer – au détriment des transformations structurelles profondes et souvent invisibles que le Nexus exige.

En résumé, dans sa forme actuelle, le triple Nexus est une tentative de réponse rationnelle à un système irrationnel dans lequel les décisions sont régulièrement entravées par des logiques à court terme, des considérations sécuritaires discutables et un souci d’affichage politique. Le Nexus, bien que démontrant sa pertinence, reste encore trop souvent un vœux pieu, une étiquette sémantique apposée sur de vieilles pratiques[1]. Par ailleurs, au moment où les financements de l’aide au développement sont en chute libre, la tentation du back to basics, point traité plus loin, est forte.

 

Perspectives

La baisse des financements se traduit par une tentation de revenir aux fondamentaux. Une tendance qui pourrait anéantir trente ou quarante ans de travail. Au-delà de cette menace, le triple Nexus pourrait, à l’image de ce que l’on observe à Gaza, muter en un Nexus « humanitaire-business-sécurité ».

Malgré les entraves structurelles, l’approche triple Nexus est portée par le secteur de l’aide notamment à travers les fonds fiduciaires. Cependant, la baisse des financements se traduit par une tentation de revenir aux fondamentaux. Une tendance qui pourrait anéantir trente ou quarante ans de travail. Au-delà de cette menace, le triple Nexus pourrait, à l’image de ce que l’on observe à Gaza, muter en un Nexus « humanitaire-business-sécurité ». Face à ces tendances, quelle attitude adopter ?

 

Les fonds fiduciaires

Les fonds fiduciaires émergent comme un levier central pour mettre en œuvre le Triple Nexus, en intégrant urgence et résilience. Historiquement humanitaires, ils évoluent pour combler le fossé entre aide d’urgence et développement durable.

  • Une programmation Nexus en action

Ces fonds imposent une approche intégrée dès la conception des projets. Citons pour exemples l’Ukraine (2020), où l’éligibilité des propositions a été conditionnée à une composante Nexus ; la Birmanie, où un mécanisme de cofinancement de l’UE mêle des ressources humanitaires (ECHO) et développement (INTPA) pour les déplacements prolongés ; et le Tchad, où des bailleurs de l’humanitaire et du développement ont mis en œuvre une initiative similaire sur différents bassins de crise (Lac Tchad, Kanem, Ennedi, Ouaddaï).

  • Localisation et flexibilité

Vecteurs du Grand Bargain, ces fonds renforcent les financements flexibles pour les acteurs locaux, moins cloisonnés et plus ancrés dans le Nexus. En Haïti, les ONG nationales cogèrent les fonds pour des réponses adaptées. Certains expérimentent des horizons pluriannuels et des lignes budgétaires plus flexibles (crisis modifier) pour basculer rapidement de l’humanitaire au développement.

  • Fonds spécialisés et obstacles

Au sud soudan, des fonds de l’UNMISS (RSRTF) financent par exemple des programmes intégrés (résolution des conflits + autonomisation économique), adoptant un modèle de contiguum plutôt que linéaire. Toutefois, la plupart des fonds fiduciaires restent cantonnés à l’humanitaire, avec des coûts élevés de transaction et des donateurs qui transfèrent les risques aux ONG via des exigences parfois irréalistes.

Ces fonds incarnent néanmoins une avancée majeure pour le Nexus, mais leur efficacité dépend de leur capacité à dépasser les silos, à simplifier les procédures et à élargir leur portée au-delà de l’humanitaire.

 

Les « Fragilités »

L’OCDE définit les fragilités comme l’incapacité des États ou sociétés à absorber les chocs en raison de défaillances structurelles (gouvernance, conflits, climat). Pour y répondre, le Triple Nexus (humanitaire-développement-paix) est l’approche la plus adaptée : il permet une coordination renforcée, des financements flexibles et une action intégrée sur les causes profondes. Si la Commission européenne fait des fragilités et de l’approche Nexus une priorité, à l’image de ce qu’elle fait au nord de la Côte d’Ivoire, elle pourrait alors éviter les pièges de l’aide fragmentée et transformer durablement ces contextes. À l’inverse, un repli sur des logiques sectorielles aggraverait les vulnérabilités et les conséquences économiques, migratoires et/ou sécuritaires, à moyen/long terme pour l’Europe.

 

De réelles menaces

 

Back to basics, ou la tentation de revenir aux fondamentaux

Les coupes budgétaires et le retour à un humanitaire « de base » menacent le Triple Nexus, mais en révèlent aussi la nécessité. Si les coûts de coordination sont élevés, les analyses confirment que ce cadre reste le seul viable pour traiter les causes profondes des crises – désormais hors de portée des budgets d’aide traditionnels.

  • Un système en tension

Avec des financements en forte baisse (-25% entre 2024 et 2025, source OCDE) et des besoins humanitaires en hausse, l’approche Nexus est remise en cause. De plus, les fonds disponibles restent piégés dans le « paradoxe des donateurs » décrit plus haut. Résultat : des postes essentiels (coordination, analyse) sont les premiers sacrifiés, risquant un retour à un humanitaire fragmenté et de court-terme.

La crise que traverse le secteur de l’aide rappelle un constat déjà ancien : « Il n’existe pas de solutions purement humanitaires aux problèmes humanitaires ».

  • Protection ou renoncement ?

Ce repli sur un humanitaire de base pose question. D’un côté, il est motivé par le risque d’une instrumentalisation croissante du Nexus dans un contexte international dominé par une montée de l’impérialisme et le mépris du DIH. De l’autre, il est motivé par le risque de voir émerger un système où des acteurs moins attachés aux principes directeurs de l’aide, redéfinissent les règles et génèrent une confusion des genres et une prise de risques accrue pour les humanitaires et les populations civiles.

Toutefois, la crise que traverse le secteur de l’aide rappelle un constat déjà ancien : « Il n’existe pas de solutions purement humanitaires aux problèmes humanitaires ». Les crises prolongées[2] prouvent que les réponses de court-terme entretiennent une dépendance toxique. Partant de là, comment justifier un tel repli sans qu’il ne soit assimilé à un renoncement ?

  • Pourquoi le Nexus reste indispensable ?

Le triple Nexus offre trois avantages majeurs :

    • Réduire les vulnérabilités en combinant les forces de chaque secteur, plutôt que de perpétuer une aide d’urgence sans fin.
    • Un retour sur investissement prouvé : 1$ en consolidation de la paix = 16$ d’économies sur les coûts des conflits (source FMI).
    • Éviter l’impasse éthique d’un humanitaire réduit à la survie, qui sape la dignité en ignorant les besoins de long terme (autonomie, stabilité).

 

Le Nexus humanitaire-business-sécurité

Un nouveau Nexus se développe à Gaza[3]. Il constitue un précédent et une dérive dangereuse. Nous assistons à une colonisation de l’humanitaire au profit d’intérêts économiques et géopolitiques. Si ce modèle fonctionnait – camions qui passent, famines enrayées, dignité préservée – beaucoup fermeraient les yeux. Mais en remplaçant une aide fondée sur le droit par une aide soumise aux contrats privés, les civils sont déshumanisés et deviennent des variables logistiques.

  • Gaza, laboratoire d’un futur inquiétant

Dans le modèle classique, le civil est un sujet de droit. Dans le modèle Business-Sécurité, comme la Gaza Humanitarian Foundation, il devient un flux à gérer : l’accès à l’aide est conditionné à des contrôles biométriques, et l’assistance va à « celui qui collabore », non à « celui qui a faim ». Si ce système – mercenaires + logisticiens privés – remplace l’ONU et les ONG à Gaza, il sera exporté (Soudan, Yémen…). L’humanitaire ne sera plus une obligation morale et juridique, mais une logistique sécuritaire. Les populations deviendront des stocks à gérer et non des sujets de droit.

  • Profit vs. droit international

Une entreprise privée répond en priorité à ses actionnaires, non aux Conventions de Genève[4]. Contrairement aux ONG ou à l’ONU, une Société Militaire Privée (SMP) se retire si les risques menacent sa rentabilité, abandonnant les zones difficiles d’accès, où les besoins sont souvent les plus criants. En remplaçant les témoins des violations par des prestataires liés par le secret, on « éteint la lumière ». Sans rapports sur les exactions, l’aide devient un « lubrifiant » pour un statu quo sécuritaire, pas un levier de justice.

Un tel modèle marque l’aboutissement d’un système où la vie n’a plus de valeur universelle, mais une valeur géopolitique. En confiant la survie des populations à des acteurs privés, on privatise la responsabilité politique et on évacue l’idée de « citoyen du monde. Si les mercenaires remplacent des forces mandatées par l’ONU, au Liban, à Gaza, ou ailleurs, ce précédent se répandra.

  • Vers un « nouveau désordre mondial » ?

Un tel modèle marque l’aboutissement d’un système où la vie n’a plus de valeur universelle, mais une valeur géopolitique. En confiant la survie des populations à des acteurs privés, on privatise la responsabilité politique et on évacue l’idée de « citoyen du monde. Si les mercenaires remplacent des forces mandatées par l’ONU, au Liban, à Gaza, ou ailleurs, ce précédent se répandra. Si la règle ne s’applique plus ici, elle ne s’appliquera bientôt plus nulle part.

En perdant le système des Nations Unies et le droit international nous perdons les seuls cadres et langage commun qui permettent de limiter la barbarie. Sans eux, nous basculons dans une forme de féodalisme moderne où les « plus forts », au nom d’une illusoire liberté, imposent leur volonté. Rappelons-nous les paroles de Jean de La Bruyère : « La loi est la liberté dans un gouvernement bien fait ; entre le fort et le faible, c’est la liberté qui opprime et la loi qui libère. »

 

Conclusion : résister

Sans une mobilisation forte contre un retour « aveugle » aux fondamentaux, le Nexus risque de n’être bientôt plus qu’un beau concept, un vieux souvenir, une coquille vide. Le secteur perdrait alors un puissant levier de transformation.

Résister face à la remise en cause de la solidarité internationale et de ses principes directeurs ne peut se limiter à de l’indignation.

Face à la tentative d’instrumentalisation totale, et aux violations répétées du DIH, une riposte juridique et politique s’organise. Un mouvement contre le humanitarian washing[5] émerge. Des ONG[6] publient des rapports pour déconstruire des initiatives comme la Gaza Humanitarian Foundation. Des collectifs de juristes et d’ONG exploitent le DIH pour démontrer que la sous-traitance de l’aide à des acteurs privés, sans contrôle[7], constitue une décharge illégale de responsabilité par les États occupants. Bien que peu médiatisée, une intense bataille se joue à l’ONU.

Face à la menace de revenir trente ans en arrière, en lien avec la baisse des financements et la tentation du back to basics, les acteurs humanitaires semblent indécis. Pourtant, comme nous l’avons vu, répondre efficacement aux crises humanitaires exige un subtil dosage d’urgence, de développement et de paix. Malgré les défis, l’approche triple Nexus est la seule qui offre un cadre adapté. Tant et si bien que les fonds fiduciaires prévus pour répondre aux urgences ont naturellement évolué vers ce cadre conceptuel. Par ailleurs, face aux situations de fragilité, qui se multiplient sur le globe, quelle autre approche envisager ? Le secteur de la solidarité internationale est face à une crise existentielle.

Sans une mobilisation forte contre un retour « aveugle » aux fondamentaux, le Nexus risque de n’être bientôt plus qu’un beau concept, un vieux souvenir, une coquille vide. Le secteur perdrait alors un puissant levier de transformation. Au-delà, 300 millions d’individus (source OCHA) dépendants de la solidarité internationale n’auraient pour seule perspective que de dépendre d’une aide éphémère, insuffisante et imprévisible.

***

Suite à une vingtaine d’années d’expérience de terrain auprès d’ONG, d’Organisations Internationales, de bailleurs de fonds, d’acteurs étatiques et non étatiques, du secteur privé, dans des zones fragiles, Laurent Saillard a intégré l’équipe du Groupe URD en 2021, en tant que chargé de recherche, d’évaluation et de formation. Il travaille principalement sur les enjeux de fragilités et de Nexus Humanitaire-Développement-Paix.

***

[1] Aussi appelé « Nexus Canada Dry »

[2] 26 ans de déplacement en moyenne pour les réfugiés selon le HCR

[3] Cf. bibliographie en fin d’article

[4] La déclaration de Montreux (2008) rappelle aux Etats et aux EMSP leurs responsabilités dans le cadre de conflits armés – cependant cette déclaration n’a, hélas, pas de valeur contraignante.

[5] Utilisation abusive ou trompeuse du label “humanitaire » pour en faire un outil de contrôle, tout en se drapant dans le vocabulaire de la solidarité.

[6] MSF, Oxfam, Amnesty International, ICRC, UNRWA, UNOCHA, etc.

[7] Exemptées de transparence (pas d’audits indépendants) et couvertes par des États qui y voient un moyen d’écarter l’ONU et tout autre témoin gênant, ces entités opèrent avec des fonds publics et sans compte à rendre.

 

 

 

Références bibliographiques

(ayant nourries l’article et pour aller plus loin sur le sujet…)

  1. « Triple Nexus to go », Center for Humanitarian Action (CHA), Sonja Hövelmann, mars 2020
  2. “The triple Nexus: threat or opportunity for the humanitarian principles”, CHA, discussion paper by Marc Dubois, mai 2020
  3. “Triple Nexus in Pakistan: Catering to a governmental narrative or enabling independent humanitarian action?”, CHA, Sonja Hövelmann, septembre 2020
  4. “Triple Nexus in Sudan: learning from local opportunities”, CHA, Martin Quack and Ralf Südhoff, octobre 2020
  5. “The triple Nexus in practice: challenges and options for multi-mandated organisations”, CHA, Ralf Südhoff, Sonja Hövelmann, Andrea Steinke, octobre 2020
  6. DAC Recommendation on the Humanitarian-Development-Peace Nexus, OECD Legal Instruments, 2022
  7. “Les humanitaires vent debout contre le traçage de leurs bénéficiaires », Médiapart, Justine Brabant et Anthony Fouchard, octobre 2021
  8. « Quelles sont les conséquences de la dépendance des acteurs non gouvernementaux aux financements institutionnels ? L’exemple de l’action internationale de la Croix-Rouge française », Université Paris I, Pauline Lenoir sous la direction de Johanna Siméant, 2012
  9. “Inter-Agency Standing Committee: IASC Light Guidance on Collective Outcomes”, juin 2020
  10. “The humanitarian development peace Nexus: what does that mean for multi-mandated organisations”, Oxfam discussion paper, Emma Fanning and Jessica Fullwood-Thomas, June 2019
  11. DAC recommendation on humanitarian development peace Nexus: principles and approaches for strengthening and accelerating humanitarian, development and peace coherence, OECD, novembre 2018
  12. “The new way of working examined: collective outcomes”, an ICVA briefing paper, septembre 2017
  13. “Applying a Nexus approach to transcend the humanitarian development peace divide: how do we need to work differently to leave no one behind?”, Lab debate at the European development days, juin 2019
  14. “HDP Nexus: Challenges and Opportunities for its Implementation”, Study carried out on behalf of the European Commission (INTPA), Tony Land (Team Leader) and Volker Hauck, novembre 2022
  15. “The humanitarian development Nexus and the humanitarian principles”, Center for European Policy Studies (CEPS), event report, novembre 2017
  16. The future of humanitarian action: Reflections on impartiality, article published by CHA, Antonio Donini, Janvier 2018
  17. « L’Ukraine et le piège de Thucydide », Centre français de recherche sur le renseignement, Tribune libre N°123, Michael Brenner, mars 2023
  18. « Triple Nexus in Mali : Coordination, securisation and blurred lines”, CHA, Andrea Steinke, mars 2021
  19. “NGOs perspectives on the EU humanitarian development peace Nexus », VOICE report, Manisha Thomas and VOICE, octobre 2019
  20. “The EU member states’ implementation of the humanitarian development peace Nexus”, Magazine Voice Out Loud N°32, décembre 2021
  21. “Operationalisation of the triple Nexus: the Italian initiative to engage with NGOs’ perspectives”, Magazine Voice Out Loud N°32, décembre 2021
  22. Mapping good practices in the implementation of the humanitarian development peace Nexus approach”, synthesis report, Inter-Agency Standing Committee (IASC) Results Group 4, septembre 2021
  23. “Romancing principles and human rights: Are humanitarian principles salvageable? », International Review of the Red Cross, Stuart Gordon and Antonio Donini, 2016
  24. “Note on good LRRD practices within the delegations of the European Commission and the ECHO field offices”, Etude du Groupe URD, Bonaventure G. Sokpoh, Valérie Léon et François Grünewald, Janvier 2013
  25. “Gaza: one year on – Accountability report”, Oxfam, 2024
  26. “Gaza: Life in a death trap”, MSF, 2025
  27. “Triple Nexus in Practice: Lessons from Fragile Contexts », OCDE, 2023-2024
  28. « The Triple Nexus in Crisis: Why Coordination is Failing and How to Fix It » – Échecs de la coordination entre acteurs humanitaires, développement et paix, avec des études de cas (Soudan, Ukraine), ODI – Humanitarian Policy Group, 2024
  29. “Nexus in Action: Lessons from EU-Funded Programmes in the Horn of Africa », Commission européenne, 2024
  30. « Israel’s Apartheid Against Palestinians: Humanitarian Aid as a Tool of Control in Gaza », Amnesty International, 2024
  31. « Gaza: Israel’s Restrictions on Aid Constitute Collective Punishment », Human Right Watch, 2024
  32. « Gaza’s Aid Dilemma: Between Humanitarian Needs and Political Agendas », International Crisis Group, 2024