L’objectif principal de l’évaluation était de recueillir des preuves et de tirer des enseignements qui permettront d’explorer, de tester et de déterminer les possibilités d’utilisation de l’innovation pour résoudre les problèmes humanitaires les plus urgents dans les situations de crise sévère.
Outre le contexte de mise en œuvre particulièrement complexe et difficile, les spécificités de cette évaluation résidaient dans : 1) la temporalité : l’évaluation a été menée en temps réel pendant que les activités avaient lieu ; 2) la nature : il s’agit d’une évaluation d’innovation, qui a nécessité une approche systémique s’appuyant notamment sur la modélisation de l’écosystème de l’innovation.
Les conclusions clés de l’évaluation :
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Un taux d’adoption élevé dans les deux contextes (99,8% Gaza / 87% Liban), confirmant la valeur des produits réutilisables dans les crises. À Gaza, cette adoption massive a été stimulée par la pénurie extrême de produits jetables, tandis qu’au Liban, elle a été davantage motivée par des raisons économiques et le coût élevé des alternatives. Après 3-6 mois d’utilisation, 88% des femmes confirment que les produits ont eu un impact positif sur leur capacité à mener leurs activités quotidiennes. Par ailleurs, 94% ont confirmé que l’utilisation des produits a eu un effet bénéfique sur les finances du foyer.
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Amélioration de la dignité et réduction du stress : Les produits ont permis de restaurer la dignité des utilisatrices et de réduire la détresse psychosociale. Les sacs de lavage et de séchage spécialisés ont été jugés essentiels pour permettre aux femmes de nettoyer leurs protections sans la stigmatisation ou la honte souvent associées aux menstruations dans les contextes de déplacement. Après 3-6 mois d’utilisation, 70% des utilisatrices ont confirmé que l’utilisation des produits réutilisables a contribué à surmonter le manque de solution de gestion des déchets.
- Un potentiel d’économie à moyen terme : Bien que le coût initial soit plus élevé, le kit Reemi offre des avantages financiers à long terme significatifs, avec une économie estimée entre 178 $ et 280 $ par femme sur trois ans dans un modèle hybride. De plus, l’efficacité logistique est majeure : un kit réutilisable réduit l’espace nécessaire dans les camions de transport de 67 % à 92 % par rapport à un approvisionnement de trois ans en produits jetables.
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Le défi crucial de l’accès à l’eau : Le lavage d’un sous-vêtement nécessite un minimum de 500 ml d’eau. L’étude montre que le manque d’accès à l’eau est un facteur essentiel à prendre en compte, mais qu’il n’a pas constitué une barrière à l’adoption des produits. A Gaza, où les conditions d’accès à l’eau se sont détériorées de manière extrême, 70% des utilisatrices ont confirmé qu’elles avaient assez d’eau pour laver les produits. En cas de pénurie d’eau, seulement 9% des utilisatrices ont déclaré réduire l’utilisation des produits, et 11% préfèrent utiliser les produits jetables. 80% des femmes continuent donc d’utiliser les produits malgré les difficultés d’accès à l’eau. Le rapport conclut toutefois sur la nécessité de conduire une analyse contextuelle pour prendre en compte les risques sanitaires éventuels liés à la distribution de ces produits en cas de pénurie d’eau.
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Le manque de familiarité avec les produits n’empêche pas l’adoption massive : l’utilisation de produits jetables était très minoritaire dans le contexte de Gaz. Avant la distribution des solutions réutilisables, 55% des femmes déclaraient avoir une préférence pour les produits jetables, qui étaient les plus couramment utilisés dans ce contexte avant la guerre. 8% déclaraient même être opposées à l’idée de tester de nouveaux produits. Après la distribution, 90% des femmes estiment que les produits ont été plus efficaces et utiles que ce qu’elles avaient anticipé.
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La nécessité d’une « approche hybride » : L’évaluation confirme que les produits réutilisables ne doivent pas être vus comme un remplacement total des serviettes jetables, mais comme un complément durable, permettant aux utilisatrices d’adopter une approche mixte en fonction de leurs préférences personnelles et de leur environnement.
Les leçons tirées de ce travail sont mises à la disposition des principaux acteurs impliqués dans la réponse, à savoir Reemi, Oxfam GB et ses partenaires, mais peuvent également bénéficier à la communauté plus large des acteurs de l’urgence et de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène, ainsi qu’à la communauté des praticiens du suivi et de l’évaluation qui s’intéressent à l’évaluation de l’innovation.